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Les exilés polonais en France et la réorganisation pacifique de l'Europe (1940–1989)

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Antoine Marès, Wojciech Prażuch and Inga Kawka

Cet ouvrage est une tentative de croiser les regards de chercheurs français et polonais sur la façon dont des membres de la diaspora polonaise en France – activistes politiques et syndicaux de toute obédience, intellectuels, hommes et femmes de lettres en exil – envisageaient, dans les années 1940-1989, la problématique européenne. Quelle place réservaient-ils à l'Europe centrale et médiane dans la future Europe unie qu'ils appelaient de leur vœux ? Par quels moyens cherchaient-ils à peser sur la politique des instances et des gouvernements occidentaux, à instaurer des liens privilégiés avec les sociétés derrière le rideau de fer ? Loin de se limiter à des questions à caractère purement politique, l'ouvrage tente de mesurer l'apport des exilés polonais à la pensée européenne.

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« Journal polonais » – novembre 1978 (Roselyne Chenu)

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Roselyne Chenu

« Journal polonais » – novembre 1978

Préface

Le fossé profond entre les habitants de l’Europe centrale et ceux de l’Europe de l’Ouest, à la fois en termes d’expérience historique que personnelle, s’est maintenu pendant presque un demi-siècle. Bien que l’hiver stalinien ait été suivi d’un « dégel » auquel a succédé la période de la détente, peu d’Occidentaux étaient prêts à jeter un regard derrière l’autre côté du rideau de fer, découragés par les formalités de visa, par l’écart civilisationnel et, enfin, par les langues de plus en plus incompréhensibles. Comme pour Metternich l’Asie commençait autrefois juste au-delà de ses jardins, pendant la Guerre froide la Sibérie commençait, pour beaucoup, juste derrière l’Elbe. De plus, le « rideau de fer » s’est installé également dans les esprits et tout porte à croire qu’il y est resté même après l’effondrement du système communiste. Ceux qui ont voyagé dans l’« autre Europe » venaient en général chargés de stéréotypes dont ils ne se défaisaient pas non plus au moment du départ tellement le climat idéologique n’était pas propice à surmonter les obstacles, même à titre personnel. Ce qui en revanche suscitait l’étonnement chez la plupart c’était éventuellement l’hospitalité des habitants ou la similitude de l’architecture de Vienne, de Budapest et de Cracovie.

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