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Le langage fleuri

Histoire et analyse linguistique de l’euphémisme

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André Horak

Le présent ouvrage constitue l’une des premières monographies francophones sur l’euphémisme. Au moyen d’une sélection de corpus historiques, il explique certains usages de cette figure dans la diachronie. Il donne également un aperçu critique des études significatives sur le discours euphémique, qui appartiennent à trois étapes : la traditionnelle, la transitoire et la linguistique. De plus, ce livre propose de nouvelles théories sémantico-pragmatiques et rhétoriques sur le langage fleuri. Enfin, il examine les relations qu’entretient l’euphémisme avec deux autres figures référentielles : la litote et l’hyperbole.

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2.3.1 Les travaux déclencheurs

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2.3.1 Les travaux déclencheurs

2.3.1.1 Walter Bökemann

En 1899, Bökemann publie la première monographie linguistique sur l’euphémisme173 : Französischer Euphemismus, une partie de sa thèse de doctorat, rédigée sous la direction du romaniste suisse Adolf Tobler et←137 | 138→ soutenue la même année à la Friedrich-Wilhelms-Universität (aujourd’hui la Humboldt-Universität) de Berlin. Cette thèse fondatrice se divise en sept chapitres – dont seuls les trois premiers paraissent en 1899, la totalité de l’ouvrage n’étant publiée qu’en 1904 –, précédés d’une introduction.

Soulignons d’abord une caractéristique particulièrement saillante et critiquable du livre en question : sa subjectivité, son approche parfois peu ou non scientifique. Ce défaut se traduit, d’un côté, par des jugements de valeur inappropriés dans un ouvrage de recherche. Ainsi, l’auteur voit l’euphémisme comme un art esthétique auquel aspire l’homme cultivé. D’un autre côté, ledit défaut se manifeste par l’usage de figures de style, notamment de métaphores et de comparaisons, qui ornent le texte de Bökemann et qui le rendent plus poétique, mais qui en réduisent la pertinence et la précision, en un mot la scientificité. Entre autres, on peut citer la comparaison entre le locuteur euphémisant, qui évite tout ce qui pourrait être pris pour indécent par son allocutaire, le peintre, qui se méfie de certains contrastes de couleurs, et le musicien,...

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