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La lecture comme pratique cognitive et devoir d’éveil

"Die Schlafwandler</I> de Hermann Broch- Métamorphose d’un genre et questionnements contemporains

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Isabelle Gabolde

Ce travail se veut une contribution au questionnement critique de la modernité du roman. L’analyse minutieuse de l’exploration que Hermann Broch fait de l’art du roman avec sa trilogie, Die Schlafwandler, engage le lecteur à interroger plus largement la vocation de la forme romanesque lors de sa métamorphose au premier tiers du vingtième siècle. Le pouvoir d’élucidation dévolu par Broch à ce genre déborde le cadre esthétique. L’auteur y désarticule une conception traditionnelle du temps et offre une interprétation de la situation de l’homme comme sujet de l’histoire (non comme seul sujet agissant, mais comme sujet parlant et producteur de signes). Cette étude questionne, enfin, les liens entre la modernité des ambitions de Broch et les mouvements littéraires qui lui furent contemporains en France, avant de mettre son œuvre en regard des réflexions et de la pratique artistique de deux de ses lecteurs : Milan Kundera et Henry Bauchau.

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10. CONCLUSION, 465

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465 10. CONCLUSION «!L’arrêt est, ipso facto, une délimitation de la recherche par le jeu des argumentations relatives à un même problème, et la reconduction de la recherche à ce problème.!» (Bessière, «!Choisir la fin de la recherche, ou le moment commun de la résolution et de la quaestio!» in Hors Cadre, n° 10, 1992, p. 276). LA FORME ROMANESQUE, UN MODE D’ANALYSE ET D’ECLAIRCISSEMENT DE LA PENSEE «!Le roman est là où la réalité a le caractère d’une grande question.!» (Interview avec Milan Kundera in La Parole littéraire, Belgrade, édition internationale, septembre 1982, n° 2-3, p. 2). Notre étude s’est voulue une contribution au questionnement critique de la modernité du roman et s’est plus particulièrement attachée à la réflexion sur le pouvoir d’élucidation de son écriture et de sa forme. Ce genre, dont la forme se métamorphose constamment et relève d’une liberté sans limite, pourrait être défini, à l’instar de Curtius1, par un défaut de tradition formelle, par une malléabilité et une faculté d’intégration originales. Cette singularité allant jusqu’à faire obstacle, selon Hermann Broch, à sa capacité à conquérir le rang de «!manifestation d’un art intégral!»2 propre à créer un style, le roman serait ainsi longtemps resté dans un entre-deux peu satisfaisant. Aux yeux de Kundera, cinq décennies plus tard, le roman est un art à part entière, autonome, et ontologiquement dégagé des critères de genres.3 Le roman a...

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