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Contre l’innocence

Esthétique de l’engagement en littérature de jeunesse

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Edited By Britta Benert and Philippe Clermont

L’ouvrage veut envisager dans quelle mesure il est possible à la littérature de jeunesse de manifester à la fois un engagement de nature idéologique, politique et esthétique. Si, selon Sartre, la fonction de l’écrivain est de réduire l’innocence au monde du lecteur, les études pluridisciplinaires réunies visent à approcher les différentes « façons » par lesquelles les écrivains s’y engagent pour de jeunes lecteurs. Littérature comparée, histoire littéraire, lectures sociologiques et sociolinguistiques, didactique de la littérature fournissent autant de regards croisés et complémentaires nécessaires à la compréhension d’un objet et d’une problématique complexes. Cet ensemble propose ainsi les éléments d’une réflexion esthétique sur la littérature de jeunesse au sens où valeurs, éthique, poétique et réception des textes sont analysées. Les fictions littéraires privilégiées par les contributeurs témoignent d’un panorama significatif des œuvres et des auteurs : au delà de et grâce à la problématique de l’engagement, l’ouvrage souhaite apporter une plus grande connaissance des romans pour enfants et adolescents, albums, bandes dessinées, dans une visée internationale comme l’atteste le corpus.

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Britta Benert & Philippe Clermont - Introduction - 11

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11 Introduction Britta Benert & Philippe Clermont Il y a un lien intrinsèque entre littérature de jeunesse et engagement. Nous en voulons pour premiers éléments de preuve deux moments de l’histoire littéraire de la littérature de jeunesse. Tout d’abord, lorsque Fénelon écrit son Télé- maque (1699) il fait montre d’engagement à double titre: il propose certes un texte à visée didactique, mais aussi plus particulièrement à dimension politique pour l’éducation du jeune prince et contre l’absolutisme royal. Par suite, le premier âge d’or de la littérature de jeunesse voit, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, une coïncidence qui n’en est peut-être pas. D’une part on assiste à l’émergence de col- lections ou magazines spécialisés pour la jeunesse témoignant de l’engagement des éditeurs et des auteurs en faveur d’une idée nouvelle qu’ils se font de l’enfant et de ce que doit être son éducation (par exemple, en France, Hetzel et son très républicain Magasin d’éducation et de récréation). D’autre par-t la figure de l’auteur engagé sur la place publique prend un essor significatif, notamment autour de causes politiques telles celles que soulevées par l’affaire Dreyfus. De plus, selon Isabelle Nières-Chevrel, la transmission des valeurs constitue « une des frontières les plus communément admises entre la littérature destinée aux enfants et la littérature destinée aux adultes »1. En un sens cela s’apparente à la...

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