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La France et la puissance

Perspectives et stratégies de politique étrangère (1945-1995)

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Franck Orban

Quelle relation la France entretient-elle avec sa puissance depuis 1945 ? Le sujet est ici abordé dans une double approche épistémologique. La première, théorique, souligne l’antagonisme entre les deux courants majeurs de la pensée politique, à savoir le réalisme et le libéralisme, et rappelle la nécessité de voir la notion de puissance en relation avec d’autres notions telles que le déclin et la décadence. La seconde, plus historique, analyse les stratégies mises en place par les chefs d’Etat et de gouvernement français pour préserver la puissance, en prévenir la perte ou bien en accroître l’étendue entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’aboutissement du deuxième septennat de François Mitterrand en 1995. Au delà de l’évaluation relative de telles stratégies, c’est avant tout la question de l’adéquation entre volonté affichée et moyens affectés dans un contexte donné qui reste au cœur du débat sur la puissance française.

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Avant-propos de Bertrand Vayssière xi

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xi AVANT-PROPOS La notion de puissance a besoin d’un rapport à l’autre (ou plutôt aux autres) pour être opérationnelle. Elle s’impose alors d’elle-même et à tous, amis comme ennemis : la « capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités » (Raymond Aron) permet à celle-ci de faire ce qu’elle veut faire, ou de ne pas faire ce qu’elle ne veut pas faire sur la scène du monde. Pas de doute, cette notion s’accommode bien d’un système où règne la loi du plus fort, la seule faiblesse de cette loi étant que la puissance peut changer de camp, comme l’ont si bien écrit Jean-Baptiste Duroselle ou Paul Kennedy : de fait, l’histoire a démontré qu’aucune domination politique, aussi éclatante aux yeux des contemporains fut-elle, n’a été éternelle. La faute à ce système westphalien, en place depuis la signature des Traités éponymes, où la lutte, violente ou larvée, ne s’épuise jamais, entretenant chez tous un état de guerre, comme une épée de Damoclès toujours prête à tomber sur les peuples et leurs gouvernants. Nous sommes ainsi dans un système interétatique étanche et cloisonné, suivant trois principes intangibles : chaque État reconnaît la souveraineté externe de l’autre ; le principe d’ingérence est proscrit entre eux ; un équilibre doit être respecté entre les États, de manière à ce qu’aucun ne parvienne à l’hégémonie. De fait, l’idée de puissance a rarement été écartée de la pensée des hommes. Quelques-uns d’entre...

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