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Si on a du jazz, pas besoin de schnaps

Jazz, négritude et démocratie sous la République de Weimar- Mit einer umfangreichen Zusammenfassung in deutscher Sprache

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Pascale Cohen-Avenel

Cet ouvrage traite du jazz dans la perspective des sciences de la culture et cherche à rendre compte de la fascination qu’il a exercée sur la société de la République de Weimar. Il s’appuie au premier chef sur la réception du jazz dans les revues littéraires et culturelles et ne néglige pas, à côté des publications progressistes, les organes conservateurs (voire même clairement racistes). Il s’agit en effet de voir dans quelle mesure le débat sur le jazz est lié à la recherche d’une culture républicaine démocratique.
Dieses Buch enthält eine umfangreiche deutschsprachige Zusammenfassung.

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II. La passion de la danse 47

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II. La passion de la danse A la fin du XIX e siècle et au tout début du XX e , les danseurs allemands commencent à éprouver une certaine lassitude qui préoccupe jusqu’à l’empereur Guillaume II. Alors que, d’après Henning Eichberg1, à cette époque la valse consacre le triomphe de la bourgeoisie, le Kaiser tente d’imposer de nouvelles danses, réservées à l’élite aristocratique et qui incarneraient les nouvelles valeurs impériales. Malheureusement ces nouvelles danses de salon ne sont guère que d’anciennes connaissances : polonaises, gavottes, menuets. Si leur usage à la cour est imposé, le reste de la population ne s’intéresse pas à ces vestiges d’un autre âge ressortis des greniers pour l’occasion. Même les officiers de Sa Majesté détournent l’interdiction qui leur est faite en 1913 de danser en uniforme le tango2, le one-step et le two-step, prémices des futures danses jazz de l’après guerre à partir de 1921/22 : ils les dansent en civil3. C’est dire que ce n’est pas l’envie de danser qui fait alors défaut aux Allemands, décidément amoureux de la danse, mais bel et bien des musiques et des figures qui les stimulent et que l’Allemagne impériale ne peut pas, ou ne veut pas, leur fournir. Avec quelques années de recul, Max von Boehn, l’un des auteurs d’ouvrages de danse au début des années 1920, justifie ainsi le succès retentissant des nouvelles danses américaines en Allemagne : « La fin du siècle...

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