Show Less

Regards sur les « spectateurs »

Periodical Essay – Feuilles volantes – Moralische Wochenschriften – Fogli moralistici – Prensa moral

Series:

Edited By Klaus-Dieter Ertler, Alexis Lévrier and Michaela Fischer

Les dix-sept regards sur les « spectateurs » réunis dans le présent volume s’inscrivent dans un projet de recherche de longue haleine sur l’essai périodique en Europe. Le recueil prolonge la publication de plusieurs volumes dans notre collection sur les « Lumières » et la mise en place d’une base de données, tous consacrés aux « spectateurs » de langues romanes. À la différence de ces derniers, il envisage cependant non seulement les « spectateurs » français, italiens ou espagnols mais aussi des périodiques anglophones, russes ou germanophones. En élargissant ainsi la perspective, cet ouvrage espère mieux prendre en compte le rayonnement des « spectateurs » à l’échelle mondiale. Et il tente en particulier de donner quelques éléments de réponse à une question essentielle : quelles sont les raisons qui ont permis à ces journaux, un siècle durant, et d’un bout du monde à l’autre, de connaître un succès sans précédent dans l’histoire de la presse littéraire ?
Ce livre contient des contributions en français, allemand, italien, espagnol et anglais.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

« SPECTATEURS » FRANCOPHONES

Extract

Nouvelles vraies, nouvelles fausses : Le Spectateur pour et contre Jean Sgard (Grenoble) Le même mot désigne en français la nouvelle réelle et la nouvelle fictive. On pourra penser que d’un point de vue linguistique, il n’y a pas de différence entre la nouvelle vraie et la nouvelle inventée ; et pourtant, l’une et l’autre ont avec le langage des rapports très différents : la nouvelle réelle, que nous dirons journalistique, semble ignorer le langage ; elle apparaît comme la simple transcription d’un événement, au point que dans la langue courante, la bonne ou la mauvaise nouvelle, c’est d’abord le fait lui-même, et non le bon ou le mauvais récit qu’on en fait. Dans la nouvelle fictive, que nous nommerons littéraire, c’est au contraire la qualité du récit qui importe ; l’auteur peut tout au plus choisir un fait vrai comme origine de sa narration, le lecteur n’est pas obligé de le savoir. Deux ou trois ques- tions se posent alors : la première, pourquoi le même mot ? la seconde, quelle est la frontière, et qui nous assure qu’une nouvelle soit vraie ou fausse ? Après quoi l’on pourra aborder la seule question qui compte ici : comment et pourquoi Prévost s’établit délibérément sur cette frontière même pour en jouer, en particulier dans ces « nouvelles » ambivalentes ou transfrontalières que nous offrent les récits du Pour et contre. Incontestablement, la nouvelle...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.