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Le développement du langage observé chez un enfant bilingue

Commenté et annoté par Pierre Escudé

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Escudé Pierre

Comment se comporterait un enfant mis en présence de deux langues qu’on lui parlerait également ? Cette interrogation, à l’aube d’un 20 e siècle où le bilinguisme est accusé de déformer chacune des langues en jeu et d’être une plaie sociale dans une Europe farouchement nationaliste, trouve sa réponse dans la thèse de Jules Ronjat. Pendant cinq ans, le linguiste va étudier les comportements langagiers et comportementaux du petit Louis, confronté à deux langues familiales : le français et l’allemand. Un siècle plus tard, la réédition de cet ouvrage pionnier sur le bilinguisme est d’une formidable actualité pour la linguistique générale et expérimentale, la pédagogie et la politique éducative, dans un monde marqué sans complexes par le multilinguisme. Cette nouvelle édition associe des notes scientifiques à une réflexion ouverte aux futurs professeurs comme aux familles que les enjeux éducatifs du bilinguisme précoce fascinent et interrogent.

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IV EMPRUNTS DE LANGUE A LANGUE

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74 IV EMPRUNTS DE LANGUE A LANGUE Faits de vocabulaire § 34. – J’ai déjà noté (§§ 3, 4) l’introduction de mots allemands dans une phrase française, et réciproquement, suivant le degré de richesse de chacun des deux vocabulaires à différentes époques. Les faits de cette nature deviennent très rares à partir du 43e mois, où s’établit définitivement une égalité à peu près complète entre les deux langues. On verra au § 49 que dès la fin de sa troisième année Louis cherche à avoir deux vocabulaires aussi égaux que possible et par exemple demande comment s’appelle dans une langue une chose dont il sait déjà le nom dans l’autre. A partir du commencement de la troisième année de sa vie, quand Louis fait un emprunt de mot, ou, si l’on veut, transporte un mot d’une langue dans l’autre, il l’adapte phonétiquement ou le laisse tel quel, suivant le plus ou moins de difficulté de l’adaptation. On verra aux §§ 41 et 42 des exemples des deux cas. Je noterai ici que j’ai entendu au 46e et au 52e mois [les mots] allemand[s] Moos au lieu de Schaum, parce que mousse ressemble phonétiquement à Moos et signifie à la fois « Moos » et Schaum » ; au 50e [le mot] français tuyau [remplace] « chambre à air de bicyclette », parce que [le mot] allemand Schlauch signifie à la fois « tuyau » et « chambre à air » ; du 46e au 48e [le mot] français vigne [est employé] au lieu de pr...

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