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Regards français sur le conflit nord-irlandais

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Karine Deslandes

Les journalistes français n’ont pu rester insensibles au conflit qui s’est déroulé en Irlande du Nord de 1968 à 1998. Dans la presse d’information politique et générale, ils ont livré à leurs lecteurs leurs perceptions des causes des Troubles nord-irlandais. Ils ont dévoilé leurs positions quant à la politique britannique menée en Irlande du Nord et à la violence paramilitaire de l’IRA et des groupes loyalistes. Ils ont également réagi aux différentes initiatives de paix entreprises. Il apparaît que les contingences de la vie politique française, le clivage gauche/droite très marqué en France ainsi que l’Histoire de France ont joué un rôle indéniable dans la formation de l’image médiatique française du conflit nord-irlandais.

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TROISIÈME PARTIE: La violence paramilitaire: une position ambiguë

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121 TROISIÈME PARTIE La violence paramilitaire : une position ambiguë A partir de 1971, les journalistes français font remarquer que le conflit entre dans une nouvelle phase : à « la guerre de religion » se substitue un combat na- tionaliste. On ne parle plus de droits civiques mais de guerre contre l’ennemi ancestral pour la libération nationale. L’IRA (Armée républicaine irlandaise) a adopté une attitude offensive et ses attentats, fusillades et coups d’éclat ont oc- cupé une place prépondérante dans le reportage français du conflit nord-irlandais. Comme nous allons le démontrer dans cette troisième partie, les reporters fran- çais oscillent entre une condamnation sans équivoque de la violence républicaine, imposée en quelque sorte par la morale médiatique, et l’expression d’une certaine sympathie pour les « combattants de l’ombre ». Ceci est particu- lièrement visible dans la presse quotidienne de gauche. Néanmoins, ces deux sentiments varient dans le temps et selon les actions et stratégies de l’armée clandestine. On retrouve d’ailleurs cette ambiguïté parmi les historiens français spécialistes de la question irlandaise : certains, comme Roland Marx1, ont con- damné l’IRA et l’ont accusée d’avoir provoqué par ses attentats la répression des forces de sécurité, d’autres, tels Roger Faligot, Georges Baguet ou Maurice Gol- dring2, ont épousé les thèses républicaines et soutenu qu’au contraire, c’est la répression britannique qui a provoqué la violence républicaine, et d’autres, comme Pierre Joannon ou...

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