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Perspectives pragmatiques sur le discours littéraire

Mihaela Chapelan

L’ouvrage examine la manière dont les études littéraires ont su tirer profit de l’élaboration des concepts fondamentaux de la pragmatique. Tout en envisageant le phénomène littéraire comme un dispositif communicationnel, l’auteure insiste sur ses particularités et met en évidence les remodelages successifs subis par des notions comme : le contexte littéraire, les actes de langages fictionnels, la référence etc. L’auteure accorde une attention particulière à l’identité des protagonistes fondamentaux de la communication littéraire, à savoir le couple formé par l’énonciateur et l’énonciataire.
La deuxième partie du livre se propose de mettre la théorie à l’épreuve des textes et offre des modèles d’approche pragmatique d’œuvres littéraires diverses, appartenant surtout à l’espace culturel français et francophone contemporain.
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La diversité référentielle du pronom « on »

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Dans le cadre du système pronominal français, le pronom « on » occupe une place tout à fait particulière, qui lui a valu le surnom bien mérité de « on l’illusionniste »106. Du point de vue syntactique, il se comporte comme un pronom de III-ème personne, avec lequel il peut commuter. Toujours en position de sujet, il réfère nécessairement à un être humain (naturellement, puisqu’il provient du latin «homo»).

Du point de vue sémantique, il peut recevoir une interprétation générique (ex. « On a toujours besoin d’un plus petit que soi ») ou non-générique et dans ce dernier cas il peut prendre toutes les valeurs: je, tu, nous, vous, la rumeur publique, quelqu’un etc., tout en restant, le plus souvent, un mélange insaisissable et irréductible entre les valeurs personnelles et la valeur d’indéfini. Pour le constater, nous proposons l’analyse d’un extrait de la Suite française d’Irène Nemirovski :

Ce Benoît Sabarie est un homme dangereux. Il s’est vanté de venir chasser chez nous. Il a donc gardé son fusil ! S’il fait un mauvais coup, s’il tue un Allemand le pays entier sera responsable de l’attentat et le maire le premier ! […] C’est un devoir de le dénoncer. Je le ferai comprendre à Amaury, et … s’il le faut, j’irai moi-même à la Kommandantur. Il court les bois la nuit, au mépris des règlement, il a une arme à feu, son compte est bon...

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