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Les réseaux du fer

Information, renseignement économique et sidérurgie luxembourgeoise entre France, Belgique et Allemagne 1911–1940

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Gérald Arboit

Quel est le rôle de l’information dans l’activité économique ? Question fondamentale à la base de l’intelligence économique, elle est trop souvent négligée par les opérateurs. Elle guida les choix d’Emile Mayrisch à chaque étape de l’histoire de l’Arbed. Depuis la création de cette entreprise sidérurgique (1911) jusqu’à son avènement comme une industrie mondiale, dans l’entre-deux-guerres, ces choix stratégiques fondés sur l’information ont également eu des conséquences sur la structure économique luxembourgeoise. Ces mutations attirèrent l’attention de la Belgique et de la France, vainqueurs (1918) d’une Allemagne qui ne comprit jamais le Luxembourg. Si la dynamique de Mayrisch ne s’émoussa pas après sa disparition, ses successeurs furent moins habiles à manier l’information.
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Chapitre 2 De l’information au renseignement économique

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Si les Comités des forges français, des houillères et le Consortium des assurances s’intéressèrent à la presse en France et en Belgique alors même que l’Arbed repoussait une dernière opportunité de le faire, ce ne fut pas tant pour être mieux informés que pour disposer de moyens de pression sur les opinions publiques de ces pays dans un climat social difficile depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Pourtant, la relative impénétrabilité de la sidérurgie luxembourgeoise, comme de toute activité économique d’ailleurs, par la presse d’information, économique ou généraliste, ne signifia pas que son actualité restait inconnue en France et en Belgique. Depuis la fin du XIXe siècle, et surtout au lendemain de la Première Guerre mondiale, deux phénomènes plaidèrent pour une meilleure connaissance internationale. Le premier tenait à l’interconnexion de plus en plus serrée des économies, comme en témoignait depuis 1900 l’implantation de succursales et de filiales allemandes, anglaises, françaises, belges et déjà américaines dans toute l’Europe et même au-delà (Russie, Chine, Amérique latine…) ; ce mouvement ne concerna pas uniquement la sidérurgie, sur laquelle la presse française, comme luxembourgeoise d’ailleurs, se montra irritable, mais bien toute l’activité économique. Le second phénomène tenait à l’interventionnisme croissant des Etats en matière économique, qui ne fit que s’accentuer pendant la Première Guerre mondiale avec la mise en place d’une économie...

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