Show Less
Restricted access

Les réseaux du fer

Information, renseignement économique et sidérurgie luxembourgeoise entre France, Belgique et Allemagne 1911–1940

Series:

Gérald Arboit

Quel est le rôle de l’information dans l’activité économique ? Question fondamentale à la base de l’intelligence économique, elle est trop souvent négligée par les opérateurs. Elle guida les choix d’Emile Mayrisch à chaque étape de l’histoire de l’Arbed. Depuis la création de cette entreprise sidérurgique (1911) jusqu’à son avènement comme une industrie mondiale, dans l’entre-deux-guerres, ces choix stratégiques fondés sur l’information ont également eu des conséquences sur la structure économique luxembourgeoise. Ces mutations attirèrent l’attention de la Belgique et de la France, vainqueurs (1918) d’une Allemagne qui ne comprit jamais le Luxembourg. Si la dynamique de Mayrisch ne s’émoussa pas après sa disparition, ses successeurs furent moins habiles à manier l’information.
Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 3 De l’arme financière à l’intelligence économique

Extract



Il n’est pas certain que la proposition de la Chambre de commerce de Luxembourg, consécutive à la conclusion de l’affaire Dismer, fut adressée au Directeur général Clemang. Mais, l’article 4 de la loi du 5 juillet 1929 introduisit bien en droit luxembourgeois les notions de « secrets d’affaires ou de fabrication ». Cette mesure s’appliquait bien à tout « employé, ouvrier ou apprenti d’une entreprise commerciale, ou industrielle » et son délai de gestation put laisser croire à une relation évidente1. Il était plus probable d’y voir l’impulsion gouvernementale de faire de Luxembourg une place financière sûre. La loi du 30 décembre 1927 créa une bourse de commerce dans la capitale2 et il fallait assurer à son développement une sécurité informationnelle évidente. Le gouvernement luxembourgeois fut sensibilisé à cette question depuis la discussion de la réforme fiscale et financière de l’automne 1920. Mais la question « du secret professionnel des banques », qu’il fût alors question d’abolir, ne fut pas vue sous son angle informationnel, seulement sous celui fiscal. Le gouvernement brandit le risque d’un « exode de tous les capitaux », qui aurait profité « tout au plus [au] fisc étranger », mais aucunement aux impôts luxembourgeois. La Chambre se rangea à cet argument3.

L’après-guerre fut l’époque où s’ouvrit pour le Grand-Duché une période d’innovation financière dont les dividendes ne furent perçus qu’après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait d’une époque où l’arme financière, qui caractérisait jusque-là les...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.