Show Less
Restricted access

Le défi de la forme dans les nouvelles de Pierre Mertens

Une esthétique du genre narratif et une herméneutique existentielle

Series:

Julie Hahn

Cette thèse a pour objet l’étude des recueils de nouvelles de Pierre Mertens, écrivain belge, dont l’œuvre s’inscrit dans la littérature-monde en français. Dans l’hypothèse avancée, il s’agit de démontrer que, bien que l’intrigue s’estompe, de multiples réalités sont représentées. Celles-ci se rattachent à l’originel et à la vie au 20 e siècle, les fragments rassemblés reconstruisent le monde et visent sa totalité. Les domaines de la poétique de la nouvelle et une distinction narratologique (dits et non-dits) forment la charpente de la table des matières, les philosophies de l’existence soutiennent l’herméneutique existentielle. La découverte des structures complémentaires et des contenus témoignent du dialogue étroit entre les nouvelles qui sont à l’image de la valise à double fond.
Show Summary Details
Restricted access

Nécrologies

Extract



Le titre Auto-stop se réfère dans le texte à l’arrêt de la voiture qui a pour conséquence que le conducteur quitte son véhicule afin de suivre la fille (« qui ← 123 | 124 → le hélait du trottoir »521) jusqu’au lieu où se trouve son amie apparemment blessée. C’est autour des termes « détournement » et « enlèvement » qui, au second degré, introduisent l’aspect fantasmatique, que se construit le récit. La facticité du titre annonce la facticité c’est-à-dire la (af)fabulation du protagoniste en proie à la rupture amoureuse. Quant à l’incipit et la clôture, nous trouvons le schème récurrent de la circularité et de la fermeture d’une antithèse, redoublé par l’éternel retour. Le premier paragraphe, par le dispositif du téléphone, annonce le départ immédiat du protagoniste devant se rendre chez Marlène : « comprenez-moi, venez tout de suite… »522 ; les deux derniers paragraphes montrent son retour, lorsqu’il quitte l’appartement de Marlène : « alors que je m’assieds au volant de la Chevrolet et que je mets le contact, les deux fillettes reviennent à ma hauteur sur le trottoir »523. Les « fillettes » sont le premier indice qui se rattache à l’éternel retour, en effet, elles sont apparues à deux reprises, à l’aller et au retour du personnage. Un adverbe et un verbe soulignent davantage que la situation finale est celle d’un déjà vu qui, indirectement, rebondit, au second degré, sur la fabulation qui qualifiait l’état du protagoniste lorsqu’il s’était...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.