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Le défi de la forme dans les nouvelles de Pierre Mertens

Une esthétique du genre narratif et une herméneutique existentielle

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Julie Hahn

Cette thèse a pour objet l’étude des recueils de nouvelles de Pierre Mertens, écrivain belge, dont l’œuvre s’inscrit dans la littérature-monde en français. Dans l’hypothèse avancée, il s’agit de démontrer que, bien que l’intrigue s’estompe, de multiples réalités sont représentées. Celles-ci se rattachent à l’originel et à la vie au 20 e siècle, les fragments rassemblés reconstruisent le monde et visent sa totalité. Les domaines de la poétique de la nouvelle et une distinction narratologique (dits et non-dits) forment la charpente de la table des matières, les philosophies de l’existence soutiennent l’herméneutique existentielle. La découverte des structures complémentaires et des contenus témoignent du dialogue étroit entre les nouvelles qui sont à l’image de la valise à double fond.
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IV. Les bilans sur l’existence et le retour à l’originel

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1. L’enfance

Le paysage de l’enfance est récurrent dans les recueils de nouvelles et occupe une place distincte dans toutes les destinées. Il faut noter, tout d’abord, que cet âge ou plutôt « un sentiment d’enfance »1900 est retenu comme le « cinquième prétexte » c’est-à-dire un des éléments fondateurs à l’origine du désir d’écriture chez l’auteur. A cet endroit, ce sont les représentations littéraires qui nous intéressent, dans SI, l’enfance évoque un paysage sacré et définit un retour aux origines : « Ce pèlerinage aux maigres sources »1901. Dans OT, la clôture renvoie à une poétique de l’espace où l’enfance s’offre comme paysage qui annonce l’éternel retour : « Le soleil blanchit l’espace, le dépouille, le dénude, le nettoie comme un os. Le regard s’en revient bredouille de l’horizon : rien ou presque rien ne l’arrête ni le détourne d’un paysage comme retombé en enfance »1902. Tout d’abord, il faut noter que, du point de vue morphologique du texte, cette représentation est l’objet d’une répétition, en fait, elle s’inscrit une première fois dans le début du récit. Là, le blanchissement – la décoloration du paysage – renforcé par la référence à un carrefour « désert »1903, marque déjà le début d’une rêverie, celle du narrateur-protagoniste qui partage son univers imaginaire et la quête de soi qui vaut de conscience de soi. Le paysage se...

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