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L’avortement en Irlande : 1983–2013

Dimensions religieuses, socioculturelles, politiques et européennes

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Edwige Nault

Alors que les sociétés modernes occidentales poursuivent des politiques permissives en matière d’avortement, la République d’Irlande est le seul pays en Europe à avoir inscrit le droit à la vie de l’« enfant à naître » dans sa constitution. Cette question, conditionnée par la doctrine religieuse, est utilisée comme un moyen d’observation privilégié du processus de sécularisation envisagé ici comme la perte d’autorité de l’Église catholique sur les attitudes, les comportements et l’État. Ce livre contextualise le sujet dans le cadre social, culturel, politique, religieux et identitaire d’un pays en pleine mutation, ainsi que dans l’espace européen.
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Introduction générale

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Abortion is a matter that is morally problematic, pastorally delicate, legislatively thorny, constitutionally insecure, ecumenically divisive, medically normless, humanly anguishing, radically provocative, journalistically abused, personally biased and widely performed 1.

Cette réflexion du théologien jésuite Richard A. McCormick souligne la nature controversée de la question de l’avortement et en fait ressortir les multiples facettes. D’autre part, ses observations sont porteuses de sens dans le contexte irlandais. Malgré la libéralisation des lois sur l’avortement à partir des années 60 dans une majorité de pays occidentaux2, l’Irlande3 se distingue par son approche conservatrice qualifiée d’« anomalie »4. Sa politique de l’avortement va à rebours de celles menées ailleurs, notamment dans les pays membres de l’Union Européenne (UE). Parmi les vingt-huit États membres, seuls trois pays, la Pologne, Malte et la Hongrie ont une politique prohibitive en matière d’avortement. Le dénominateur commun de ces trois pays avec l’Irlande est la prédominance de l’ethos catholique5. L’originalité de l’Irlande vient du fait qu’elle est le seul pays européen à avoir inscrit un droit à la vie de l’« enfant à naître » (« the unborn ») dans sa constitution, une exception qui peut parfois aller jusqu’à freiner la mise en place des traités européens comme ce fut le cas lors de la ratification du traité de Lisbonne6. La raison la plus évidente de ce rejet de l’avortement ← 15 | 16 → s’explique par le respect de la doctrine dictée par l’Église catholique qui...

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