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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Haïdouc

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Ce thème est sans doute incontournable, en raison de sa présence massive dans Les Récits d’Adrien Zograffi, surtout dans les deux derniers, Présentation des haïdoucs et Domnitza de Snagov. Mais ce qui paraissait un pensum obligatoire de l’exégèse istratienne s’est révélé être une partition surprenante, interprétable d’une manière complètement différente de celle que lui prédestinaient l’usage commun et même une certaine tonalité, présente dans les textes. C’est par cette tonalité proche de l’usage commun du thème, qu’on va commencer, pour faire ressortir ensuite les surprises de la partition.

Oui, le haïdouc est aussi chez Panaït Istrati celui qu’on connaît : « qu’est-ce que veut dire : haïdouc ? – Tu ne sais pas ? Eh bien, c’est l’homme qui ne supporte ni l’oppression ni les domestiques, vit dans la forêt, tue les gospodars cruels (seigneurs n.n.) et protège le pauvre »144. Cette définition extensive – donnée par le jeune Groza auquel l’auteur se promettait de consacrer le dernier livre du cycle – peut perdre certains de ces éléments sans affecter la signification istratienne du mot : on peut être haïdouc en ville et sans tuer. Elle garde dans le noyau dur du Haïdouc la révolte, l’amour pour la liberté et la justice, l’héroïsme, la sensibilité à la souffrance du prochain.

L’exégèse a beaucoup étudié les ballades populaires roumaines qui avaient pu...

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