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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Vie

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Le mot a des occurrences nombreuses et qui ne sont pas banalement descriptives. Il ne s’agit pas de montrer seulement comment fut la vie de tel ou tel personnage, mais de définir ce que la vie est pour lui. Le sens peut précéder l’expérience, ou venir après, mais il apparaît toujours comme essentiel : on ne se contente pas de vivre, mais on veut comprendre ce que l’on vit. Le vécu simple est toujours rapporté, subordonné à la recherche de la signification et l’opacité à laquelle on se heurte ne décourage en rien la continuation de la quête.

Qu’est-ce que la vie ? Avant même de commencer son œuvre, Istrati l’avait définie comme réponse à cette question fondamentale : « Oncle Anghel et Kyra Kyralina. Ils contiendront ma pensée la plus ancienne et la plus tourmentée : mon indécision entre la beauté et le désastre de la vie. Les deux corps également massifs de cette pensée s’étaleront sans prépondérance et sans préférence aucune sur les six nouvelles… »299.

La beauté et le désastre, sans prépondérance et sans préférence… En effet, il en sera ainsi dans les deux premiers volumes, comme dans les autres. Pour comprendre à quel point les deux façons de voir la vie sont distinctes, tout en provoquant par leur coexistence en opposition un brouillage de l’ensemble de sa pensée au sujet...

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