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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Adrien Zograffi

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« héros permanent… », dans les trois grands cycles, consacrés à ses récits, à sa jeunesse et à sa vie. Parfois il n’est que celui à qui on raconte (la vie de Cosma, des haïdoucs), d’autres fois il raconte lui-même (Codine, Méditéraranée) ou bien il est le personnage principal, dont une voix auctoriale raconte la vie (Kir Nicolas, La Maison Thüringer, Le Bureau de placement). Panaït Istrati expliquait lui-même le choix de ce nom, quand il mettait en route sa création : « Zograffi, peintre, en grec vulgaire »321. Il a été facile de comprendre que par ce choix l’auteur assumait ses origines grecques, de par son père, et son métier de base avant de devenir écrivain, celui de peintre en bâtiment. Mais, on pourrait dire aussi que, du même coup, il assumait aussi son origine roumaine, par la mère, car le mot grec a donné zugrav, le seul qu’on a pour désigner le métier en question.

Istrati ne nous a pas aidés à comprendre le choix du prénom de son héros permanent. Catherine Rossi322 pense à Hadrien, le fils adoptif de Trajan : par ce choix, il ferait donc allusion, d’un côté, au statut qu’il penserait avoir auprès de Romain Rolland, d’un autre côté aux origines latines, valorisées, du peuple roumain. L’explication ne me convainc pas, bien que je puisse lui ajouter un argument de plus, en rappelant un fragment...

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