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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Mikhaïl

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« …J’ai fini Mikhaïl…C’est, de tous mes livres, celui qui m’est le plus cher. En le terminant j’ai pleuré sur la dernière page ». Si Istrati a versé des larmes en finissant le livre, en le commençant il avait fait quelque chose de beaucoup plus surprenant : lui, l’athée tiède, il était allé chez… une voyante qui, en transe, lui avait parlé avec la voix de son grand Ami, en le faisant croire à la vie éternelle369. Son livre sur Mikhaïl, intégré dans le cycle de la La Jeunesse d’Adrien Zograffi sera fini en 1927, mais c’est seulement en 1934, après la Mort de Mikhaïl, à la fin de Méditerranée (Coucher du soleil), quelques mois avant sa propre mort, qu’il pourra annoncer : « À l’avenir, il ne sera donc plus jamais question de Mikhaïl ».

Entre temps, il aura été question de ce personnage presque aussi « permanent » qu’Adrien, dans la plupart de ses œuvres autobiographiques. Sa fiche signalétique, comme celle dont parlait Julien Gracq pour ses personnages, est intéressante non seulement en vertu de cette importance, mais surtout parce qu’elle a une complexité et un mystère que l’auteur ne se propose même pas d’éclaircir. Il préfère garder ce personnage ténébreux et énigmatique, héroïque dans sa façon d’affronter la « vie féroce », dans sa grandeur aussi bien que dans ses bassesses, surhumain, c’est-à-dire au-delà des limites communes, pour le...

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