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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Avant-propos

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Les dictionnaires sur un auteur, sur une ville ou un pays sont nombreux à l’heure actuelle. On a un dictionnaire amoureux d’Italie (Dominique Fernandez), de Venise (Philippe Sollers), un dictionnaire du vin (Bernard Pivot) et même un auto-dictionnaire Zola (Henri Mitterand). Mais en ce qui concerne les écrivains surtout, cela suppose le choix d’un type d’approche qui mérite réflexion. Comment se positionne-t-elle par rapport à l’exégèse qui applique une grille de lecture, unitaire et cohérente, à l’étude d’une œuvre ou d’un auteur ? Il y a des différences importantes, aussi bien en ce qui concerne la façon d’éclairer son objet, que la façon de se poser par rapport à lui ou de le présenter aux lecteurs.

En concevant son exégèse comme un dictionnaire, le chercheur ne fait pas qu’adopter une forme. Il ne peut pas ou ne veut pas unifier une œuvre autour d’un concept ou d’un thème ; faire abstraction de ce qui ne leur convient pas, en adaptant à sa perspective, comme La Quintinie qui coupait toutes les branches « venues selon l’ordre de la nature » de ses arbres fruitiers, pour les mettre en palissades bien ordonnées. Dans certains cas, il y aurait trop à émonder et le résultat serait maigre en comparaison de l’ancien foisonnement. Il ne correspondrait qu’à la cohérence de l’exégète, en trahissant la richesse flamboyante de l’objet.

Celle-ci déborde un cadre strict. Ou bien le chercheur...

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