Show Less
Restricted access

Le romanesque dans les «Lettres» de Madame de Sévigné

Series:

Monika Kulesza

Cette étude de la Correspondance de Madame de Sévigné est fondée sur plusieurs significations du terme « romanesque ». Les lettres de la marquise ne sont pas un roman mais elles présentent de multiples traits « romanesques » qui permettent une lecture particulière du chef-d’œuvre épistolaire. L’art du récit, les thèmes, le style, les références variées au monde des romans et la présence de cet univers dans la vie de la marquise et de son milieu constituent les axes de l’analyse. Le but de cette étude est de montrer l’omniprésence du « romanesque » dans le champ culturel de l’époque et son influence sur les esprits et les œuvres littéraires.
Show Summary Details
Restricted access

Conclusion

Extract



Dans l’article « Mme de Sévigné écrivain sans le savoir? » dont le titre résume le propos de notre thèse, Marie-Odile Sweetser voit dans les lettres de la marquise un instrument de séduction et affirme: « Ni la marquise, ni ses héritiers ne voyaient en elle à proprement parler un écrivain, mais plutôt un être privé particulièrement doué dans le domaine de l’expression. Cette attitude implique-t-elle toutefois que l’épistolière n’ait pas fait œuvre d’écrivain, qu’elle n’ait pas utilisé, consciemment ou non, des procédés rhétoriques et stylistiques qui sont la marque d’un écrivain d’une part, de l’autre qu’elle n’ait pas eu le souci de la réception, même si elle s’adressait à des correspondants individuels? »280 Cela bien entendu dans le but de séduire le lecteur281. Avec le titre, c’est surtout l’expression « la marque d’un écrivain » qui place cet article dans le prolongement du débat sur l’écriture des lettres par Mme de Sévigné. Sont-elles une œuvre littéraire inconsciente et involontaire ou, au contraire, y a-t-il une part de création consciente? Peut-on considérer comme œuvre littéraire une correspondance privée? La marquise est-elle écrivain ou écrivant?282 En ce sens, l’expression qu’utilise Marie-Odile Sweetser va encore plus loin que les affirmations de Bernard Bray mises en question par Roger Duchêne, il y a une trentaine d’années283.

Le but de notre travail n’a pas été de prendre position dans ce...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.