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La question de l’auteur en littératures africaines

Actes du 14e Congrès de l’APELA à Aix-la-Chapelle, 22 au 24 septembre 2011

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Edited By Anne Begenat-Neuschäfer and Catherine Mazauric

Le 14 e Congrès de l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) entendait poser la question de l’auteur dans le champ spécifique des littératures africaines (domaines francophone et lusophone notamment). Après la question de l’« invention » de l’auteur africain, des raisons et des opérations qui la rendraient possible, il convient en effet de se pencher sur les instances de légitimation de l’auteur africain et de son œuvre : outre les éditeurs du « centre », les collections patrimoniales, les prix littéraires, les festivals, salons et rencontres littéraires, la critique littéraire, les médias audio-visuels et jusqu’aux réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle dans la « fabrique » de l’auteur reconnu. Les contributions réunies ici examinent enfin la négociation, dans le contexte africain, entre les figures et postures d’auteur et l’insistante question de l’oralité anonyme et collective.
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Préface

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– « Gardons-nous de suivre la pensée d’un auteur »

Gardons-nous de suivre la pensée d’un auteur (fût-il de type Aristote), regardons plutôt ce qu’il a derrière la tête, où il veut en venir, l’empreinte que son désir de domination et d’influence, quoique bien caché, essaie de nous imposer.

Henri Michaux1

Lorsque, au début des années 1930, Michaux écrivait ces lignes subversives aussi sérieuses que facétieuses, il n’imaginait pas à quel point la question de l’auteur serait considérée comme une vieillerie par la théorie littéraire ou la French theory des années soixante et soixante-dix. Cette question typiquement française, le poète belge francophone l’aura toujours considérée avec méfiance. Qu’est-ce, en effet, qu’un « grand auteur » sinon celui dont le nom apparaît dans les manuels de littérature publiés à Paris, sous le contrôle de l’Education Nationale2 ? Or dans ces années soixante, la théorie littéraire ne pouvait pas accorder d’avantage d’attention à la question de l’auteur dans le champ des littératures africaines francophones, pour des raisons à la fois socio-historiques et théoriques qu’il serait trop long d’examiner ici, mais qu’il convient d’avoir à l’esprit. J’en retiendrai deux.

La première, d’ordre historique, tenait à l’identification de la France comme République des Lettres3 jusque dans le troisième quart du XXe siècle (disons entre 1950 et 1975), ← 9 | 10 → comme s’il allait alors de...

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