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La question de l’auteur en littératures africaines

Actes du 14e Congrès de l’APELA à Aix-la-Chapelle, 22 au 24 septembre 2011

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Edited By Anne Begenat-Neuschäfer and Catherine Mazauric

Le 14 e Congrès de l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) entendait poser la question de l’auteur dans le champ spécifique des littératures africaines (domaines francophone et lusophone notamment). Après la question de l’« invention » de l’auteur africain, des raisons et des opérations qui la rendraient possible, il convient en effet de se pencher sur les instances de légitimation de l’auteur africain et de son œuvre : outre les éditeurs du « centre », les collections patrimoniales, les prix littéraires, les festivals, salons et rencontres littéraires, la critique littéraire, les médias audio-visuels et jusqu’aux réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle dans la « fabrique » de l’auteur reconnu. Les contributions réunies ici examinent enfin la négociation, dans le contexte africain, entre les figures et postures d’auteur et l’insistante question de l’oralité anonyme et collective.
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Introduction

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– La question de l’auteur en littératures africaines

Si la modernité occidentale a inventé l’auteur, reconnaissant au sujet qui est à l’origine d’un travail créateur le droit d’être considéré comme tel, et de jouir dès lors d’une reconnaissance et d’une protection attachées à cette qualité, c’est la critique des années 1970 (Michel Foucault, Roland Barthes), celle qui deviendra plus tard, outre-Atlantique, la French Theory, qui fait entrer en crise cette même notion d’auteur, en distendant le lien entre le texte de l’œuvre et celui qu’on désignait comme son garant (auctor), de sorte, dans ses postures les plus radicales, à ne plus considérer, au-delà ou en-deçà du sujet du discours, que l’immanence du texte :

l’écriture est destruction de toute voix, de toute origine. L’écriture, c’est ce neutre, ce composite, cet oblique où fuit notre sujet, le noir-et-blanc où vient se perdre toute identité, à commencer par celle-là même du corps qui écrit.1

Au début de notre XXIe siècle, on observe cependant que la « fonction auteur » reste fermement implantée dans le champ social, où elle préside à la communication des œuvres. On constate qu’elle continue d’organiser tant les pratiques d’enseignement que celles de la recherche littéraire, et qu’elle a même puisé une légitimité renouvelée dans les approches poétiques et génétiques. Pierre-Marc de Biasi retrace ainsi le cheminement qui a mené la génétique des textes, depuis...

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