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La question de l’auteur en littératures africaines

Actes du 14e Congrès de l’APELA à Aix-la-Chapelle, 22 au 24 septembre 2011

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Edited By Anne Begenat-Neuschäfer and Catherine Mazauric

Le 14 e Congrès de l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) entendait poser la question de l’auteur dans le champ spécifique des littératures africaines (domaines francophone et lusophone notamment). Après la question de l’« invention » de l’auteur africain, des raisons et des opérations qui la rendraient possible, il convient en effet de se pencher sur les instances de légitimation de l’auteur africain et de son œuvre : outre les éditeurs du « centre », les collections patrimoniales, les prix littéraires, les festivals, salons et rencontres littéraires, la critique littéraire, les médias audio-visuels et jusqu’aux réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle dans la « fabrique » de l’auteur reconnu. Les contributions réunies ici examinent enfin la négociation, dans le contexte africain, entre les figures et postures d’auteur et l’insistante question de l’oralité anonyme et collective.
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L’auteur et ses « nègres » : le cas de Sony Labou Tansi

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Nicolas MARTIN-GRANEL

ITEM-CNRS

L’auteur et ses « nègres » : le cas de Sony Labou Tansi

Abstract The question “Did the author Sony Labou Tansi have a ghostwriter?” contains an essential assumption about the Africain author: the “negro degree” of their writing. Only an anthropological and genetic approach which take into account the field and the manuscripts of the Congolese author allow the deconstruction of the media influence by drawing a distinction between three types of negritude: foreign influence, collective rewriting and editorial coaching.

Un nègre peut en cacher un autre

En novembre 2008, le site d’information Rue89 mettait en ligne un article publié dans un journal du Burkina, L’Observateur Paalga ; sous le titre volontiers accrocheur : « L’écrivain congolais Sony Labou Tansi a-t-il eu des ‘nègres’ ? »1, le journaliste, se défendant de poser « une question attrape-nigaud » et s’appuyant au contraire sur l’ouvrage de l’universitaire Jean-Michel Devésa publié dix ans plus tôt2, revenait sur la « rumeur » d’une écriture « à quatre mains », soupçons qui pesaient depuis longtemps sur l’authenticité de l’œuvre du célèbre auteur qui aurait « occupé l’espace littéraire africain durant la décennie 80–90 ».

Il ne s’agit pas ici de répondre à la question posée, encore moins de répliquer et d’argumenter pour dissiper tout soupçon et… blanchir l’auteur congolais de ces incriminations – la plupart des « commentaires » postés à la suite de l’article s’y sont employ...

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