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Réconciliation ou reconnaissance ?

Essais sur la dynamique d’entente durable

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Cyrille B. Koné

La paix et l’entente durable dans la famille, dans la cité supposent fondamentalement la reconnaissance qui consiste en un sens à retrouver une sorte de cohésion principielle. Les textes rassemblés envisagent la reconnaissance comme un acte mettant en avant le mouvement vers autrui ou avec l’autre. En tant qu’elle est fondée sur l’interaction des femmes et des hommes comme sujet de droit, la reconnaissance sous-tend la réconciliation, son horizon car celle-ci est une opération de restauration du lien social abîmé. Comment la réconciliation arrive-t-elle à s’inscrire d’une manière naturelle dans un espace politique conçu fondamentalement comme guerrier ? Est-ce par hapax historique, par aberration conceptuelle, par invention d’un nouveau possible ou par redécouverte de possibles anciens – songeons à la palabre (Bidima) ? De nouvelles lectures s’ouvrent ainsi aux divers problèmes qui sont l’ordinaire du politique : violence et pouvoir, morale et pratique politique, humanisme et politique, pauvreté et démocratie, pauvreté et violence, projet de paix perpétuelle, etc.
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Section 3 : Reconnaissance ou réconciliation? Quelques conclusions de la philosophie du droit de Johann Gottlieb Fichte

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Georg Mohr

I. L’enjeu

Une société est un ensemble d’individus qui coordonnent leurs vies et qui créent des institutions pour organiser des modes de coopération. Les règles de coordination et de coopération que la société établit au cours des générations sont rarement l’effet automatique d’une harmonie culturelle préétablie des individus. D’après une vue ‘pessimiste’, elles sont le produit de la violence exercée par des acteurs qui arrivent à imposer leur puissance aux autres. Le philosophe du droit John Austin définit le droit comme l’ensemble des ordres de contrainte donnés par un détenteur de pouvoir. Selon cette conception positiviste rude, une norme juridique est l’expression de la volonté (le désir) d’une personne puissante (supérieure) adressée à d’autres personnes (inférieures). Il s’agit d’un ordre de contrainte si la personne qui donne l’ordre est capable d’infliger un châtiment à ceux qui n’obéissent pas.1 Selon une vue ‘optimiste’, le droit en tant qu’ensemble de règles de coordination et de coopération d’une société est, au moins à long terme, le produit de négociations et de luttes pour la reconnaissance.2

Malgré la rhétorique occidentale de la ‘collision des cultures’ (clash of civilizations), les sociétés ne représentent guère des cultures homogènes. Par contre, le conflit entre les individus, les intérêts et les groupes est plutôt un élément constituant de...

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