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Réconciliation ou reconnaissance ?

Essais sur la dynamique d’entente durable

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Edited By Cyrille B. Koné

La paix et l’entente durable dans la famille, dans la cité supposent fondamentalement la reconnaissance qui consiste en un sens à retrouver une sorte de cohésion principielle. Les textes rassemblés envisagent la reconnaissance comme un acte mettant en avant le mouvement vers autrui ou avec l’autre. En tant qu’elle est fondée sur l’interaction des femmes et des hommes comme sujet de droit, la reconnaissance sous-tend la réconciliation, son horizon car celle-ci est une opération de restauration du lien social abîmé. Comment la réconciliation arrive-t-elle à s’inscrire d’une manière naturelle dans un espace politique conçu fondamentalement comme guerrier ? Est-ce par hapax historique, par aberration conceptuelle, par invention d’un nouveau possible ou par redécouverte de possibles anciens – songeons à la palabre (Bidima) ? De nouvelles lectures s’ouvrent ainsi aux divers problèmes qui sont l’ordinaire du politique : violence et pouvoir, morale et pratique politique, humanisme et politique, pauvreté et démocratie, pauvreté et violence, projet de paix perpétuelle, etc.
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Section 9 : La constitution ivoirienne, la crise et la réconciliation nationale

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Martin Bleou

Les thèmes de la Constitution, de la crise et de la réconciliation nationale sont inextricablement mêlés en Côte d’Ivoire, au moment présent : confligène, la Constitution est considérée comme étant à la base de la crise que vit le pays. Dès lors, la résolution de ladite crise place la Constitution au cœur du processus de réconciliation nationale.

Le 24 décembre 1999, un soulèvement militaire présenté comme une mutinerie fondée sur des considérations d’ordre corporatiste, aboutit à un coup d’État, en Côte d’Ivoire. Les militaires victorieux édictent deux actes : une Proclamation et un Acte constitutionnel1. La lecture de ces textes donne de savoir que la junte militaire reprochait au président BEDIÉ de s’être éloigné des aspirations du peuple, d’avoir déterminé et mis en œuvre une politique de négation et de répression des droits et des libertés. Au soutien d’une telle critique, la Proclamation mentionne « l’interdiction des manifestations, l’arrestation et la détention d’opposants et de journalistes »2. L’action des militaires avait pour but, selon eux, de dissiper « les risques d’un affrontement fratricide » et de « créer les conditions nécessaires à l’instauration d’une vraie démocratie en vue de l’organisation d’élections justes et transparentes pour le retour à une vie constitutionnelle normale »3.

C’est donc, tout logiquement, que les auteurs du coup d’État ont suspendu la Constitution du...

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