Show Less
Restricted access

Réconciliation ou reconnaissance ?

Essais sur la dynamique d’entente durable

Series:

Cyrille B. Koné

La paix et l’entente durable dans la famille, dans la cité supposent fondamentalement la reconnaissance qui consiste en un sens à retrouver une sorte de cohésion principielle. Les textes rassemblés envisagent la reconnaissance comme un acte mettant en avant le mouvement vers autrui ou avec l’autre. En tant qu’elle est fondée sur l’interaction des femmes et des hommes comme sujet de droit, la reconnaissance sous-tend la réconciliation, son horizon car celle-ci est une opération de restauration du lien social abîmé. Comment la réconciliation arrive-t-elle à s’inscrire d’une manière naturelle dans un espace politique conçu fondamentalement comme guerrier ? Est-ce par hapax historique, par aberration conceptuelle, par invention d’un nouveau possible ou par redécouverte de possibles anciens – songeons à la palabre (Bidima) ? De nouvelles lectures s’ouvrent ainsi aux divers problèmes qui sont l’ordinaire du politique : violence et pouvoir, morale et pratique politique, humanisme et politique, pauvreté et démocratie, pauvreté et violence, projet de paix perpétuelle, etc.
Show Summary Details
Restricted access

Section 18 : La réconciliation, principe, condition et garantie de l’institution de la socialité. L’exemple de la réconciliation franco-allemande et de la construction de l’Union Européenne.

Extract

← 286 | 287 → Section 18 : La réconciliation, principe, condition et garantie de l’institution de la socialité. L’exemple de la réconciliation francoallemande et de la construction de l’Union Européenne.

Armel Huet

Cher Cyrille, mon vieil et fidèle ami, chers collègues et chers amis.

Je vous demanderais de bien vouloir excuser mon absence à ce colloque, qui revêt à mes yeux, une grande importance dans le monde d’aujourd’hui. Mais quelques empêchements majeurs me privent du plaisir d’être parmi vous. Je vous livre cette réflexion. Je laisse le soin à Cyrille d’en faire l’usage qui conviendra.

« Lorsque les haines ont éclaté, toutes les réconciliations sont fausses » nous dit Diderot1. Faut-il alors déjà conclure qu’il est difficile, voire impossible de dépasser les haines engendrées entre les hommes pour les réconcilier ? Quelles sont les situations de conflits dont on peut attendre des issues heureuses dans la réconciliation ? L’histoire comme la vie quotidienne ne nous montrent-elles pas que la réconciliation est permanente, qu’elle est aussi constitutive de l’homme qu’est le conflit. Car finalement qu’est-ce que la réconciliation si ce n’est que la restauration du lien social, c’est-à-dire la double capacité, dialectiquement indissociable, à reconnaître l’autre différent pour faire de l’entre nous, donc du nous, du nexus, et à reconnaître autrui comme celui avec qui on est prêt à échanger les services (munera), c’est-à-dire les contributions réciproques qui s’imposent dans toutes les...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.