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L’homme démocratique

Perspectives de recherche

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Edited By Maria Gołębiewska, Andrzej Leder and Paul Zawadzki

La formulation laconique du titre de cet ouvrage véhicule deux prémisses importantes fournissant le cadre ou un point de départ de lecture. La première procède de la conviction que la nature de l’homme, ou plutôt la façon d’être, se forge à travers l’interaction constante avec tout un ensemble de conditions, la condition politique n’en étant pas des moindres. La deuxième prend comme point de départ les questions suivantes : Quels sont les traits et les attributs indispensables pour qu’un être humain soit un être humain démocratique ? Peut-on penser certains des invariants d’une telle anthropologie ? On pourra examiner l’apport aussi bien que les limites des sources théoriques et des différents langages des sciences humaines et sociales afin de questionner à nouveau le problème de l’anthropologie de la démocratie dans la perspective de ces deux prémisses.
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Les chairs de l’homme démocratique. Métaphores du corps et désenchantement du monde

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Mathilde Villechevrolle

« Je puis donc assurer à présent à toute la terre qu’il n’y a aucune différence entre un médecin qui veille et un philosophe qui rêve ». Le rapprochement de la pratique clinique et de la rêverie philosophique par Mademoiselle de Lespinasse dans le Rêve de d’Alembert permet à Diderot d’énoncer un principe fondamental au cœur de tout travail de construction des savoirs : la conceptualisation. L’invention scientifique forme ce que Judith Schlanger nomme des « savoirs discursifs »1, c’est-à-dire des savoirs qui expriment leur résultat en paroles. De par sa puissance fictionnelle, le langage métaphorique offre alors un cadre idéal à l’épanouissement de la pensée heuristique, impliquée dans toutes les activités de modélisation et de schématisation. Avec lui, il s’agit de saisir l’inconnu au moyen du connu grâce au support des similitudes2. Au delà d’un simple enjeu de vulgarisation3 ou d’argumentation4, la métaphore est alors intimement liée à l’activité même de la pensée féconde : elle relève d’une nécessité interne pour le savant de nommer ses intuitions, de les incarner dans des mots pour se les révéler à lui-même et leur donner vie. À cet égard, comme le souligne Paul Ricoeur, « le recours à l’imagination scientifique ne marque pas un infléchissement de la raison, une distraction par les images, mais le pouvoir essentiellement verbal d’essayer de nouvelles relations sur le modèle décrit »5.

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