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L’homme démocratique

Perspectives de recherche

Series:

Maria Gołębiewska, Andrzej Leder and Paul Zawadzki

La formulation laconique du titre de cet ouvrage véhicule deux prémisses importantes fournissant le cadre ou un point de départ de lecture. La première procède de la conviction que la nature de l’homme, ou plutôt la façon d’être, se forge à travers l’interaction constante avec tout un ensemble de conditions, la condition politique n’en étant pas des moindres. La deuxième prend comme point de départ les questions suivantes : Quels sont les traits et les attributs indispensables pour qu’un être humain soit un être humain démocratique ? Peut-on penser certains des invariants d’une telle anthropologie ? On pourra examiner l’apport aussi bien que les limites des sources théoriques et des différents langages des sciences humaines et sociales afin de questionner à nouveau le problème de l’anthropologie de la démocratie dans la perspective de ces deux prémisses.
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L’homme de la démocratie. Entre violence et rationalité

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Andrzej Leder

C’est véritablement comme une recherche désespérée d’une légitimation possible de la violence au moyen de la rationalité que l’on a pu lire Critique de la violence, l’essai de Walter Benjamin, rédigé en 19202. Rationalité qui tente de justifier ce qui est donné, c’est-à-dire l’existant. Dans cette argumentation abrupte, qui change à tout moment de direction, émaillée d’intempestives digressions, on peut reconnaître l’antipathie de Benjamin, sinon son aversion, pour l’impudence de la force brute3, aversion cependant toujours teintée de fascination pour le « grand malfaiteur ». En même temps – et c’est de loin le point le plus important – on peut y lire la nécessité impérieuse de témoigner face à l’évidence d’une violence rémanente. C’est en effet à cette occasion que surgit le sentiment de devoir ou de responsabilité. Ce sentiment pourrait encore s’appuyer sur l’espoir qu’on « trouve une entente sans violence partout où la culture a pu fournir aux hommes des moyens purs pour parvenir à un accord »4. Mais ce n’est pas un hasard si Benjamin, dans son texte, n’accorde que peu de place à l’espoir. En effet, nul n’est besoin de la neuvième thèse sur l’histoire5 pour trouver chez lui le pressentiment d’une catastrophe imminente. L’espoir n’est rien de plus pour lui qu’un fragile mécanisme de défense, et lorsqu’il disparaît la rationalité se retrouve totalement démunie face à la violence. C’est précisément à ce moment qu’elle doit...

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