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Langage et Narration dans «Voyage au bout de la nuit» et «Mort à crédit» de Louis-Ferdinand Céline

Vincent Tchamy Kouajie

Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline sont deux romans dont les spécificités du langage assurent l’émergence de la narration et de la construction du sens. Les rapports entre langage et narration qui se dégagent des microanalyses se déclinent sous formes de procédés linguistiques que prennent certaines composantes formelles du récit. Ces procédés linguistiques par ricochet scandent et dynamisent le récit. La précision de la cohérence structurelle et narrative de ces romans, à première vue épisodiques, se situe au cœur de cette recherche. L’application de différents concepts de narratologie et des sciences du langage imposent à l’analyse une démarche multiperspectiviste. Cette recherche présente un récit célinien syntagmatique plutôt que paradigmatique.
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5. La guerre verbale ou le verbe en guerre

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Abstract : Une lecture horizontale de Voyage et Mort à crédit suffit pour laisser convaincre le lecteur que le protagoniste, motivé par une sorte de complexe de persécution, est engagé de façon permanente et croissante dans un combat qui l’oppose aux autres personnages. Il en découle une idée agressive de l’écriture à tous les échelons. À quel niveau se situe ce combat, et quel est son enjeu dans les deux romans? Comment le narrateur nomme-t-il les autres personnages ? Le choix de l’argot comme mode d’expression du narrateur est-il neutre ? De quelle façon le rapport agressif entre le protagoniste et les autres personnages se décline-t-il ? L’approche énonciative du parti-pris, qui se situe dans le développement actuel de la pragmatique, permet de démontrer que l’enjeu des combats dans notre corpus est dénominatif, car «il ne revient pas au même de parler, à propos du même objet ». La même approche permet de révéler les arguments du parti-pris onomastique, ainsi que ceux du parti-pris argo-érotique chez le narrateur célinien. L’examen de la nature conflictuelle des rapports entre personnages, modulé par l’expression fondamentale du couple oppositionnel (Moi vs les autres), aidera à comprendre à la fin l’enjeu des joutes oratoires qui remplissent les deux romans jusqu’à l’obsession.

Dans le contexte sociopolitique de la guerre (au sens propre du terme) où se noue toute l’intrigue de Voyage au bout de la nuit, l’examen et la caractérisation du mode d’échange verbal qui...

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