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Langage et Narration dans «Voyage au bout de la nuit» et «Mort à crédit» de Louis-Ferdinand Céline

Vincent Tchamy Kouajie

Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline sont deux romans dont les spécificités du langage assurent l’émergence de la narration et de la construction du sens. Les rapports entre langage et narration qui se dégagent des microanalyses se déclinent sous formes de procédés linguistiques que prennent certaines composantes formelles du récit. Ces procédés linguistiques par ricochet scandent et dynamisent le récit. La précision de la cohérence structurelle et narrative de ces romans, à première vue épisodiques, se situe au cœur de cette recherche. L’application de différents concepts de narratologie et des sciences du langage imposent à l’analyse une démarche multiperspectiviste. Cette recherche présente un récit célinien syntagmatique plutôt que paradigmatique.
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6. L’enfance dans la révolte muette

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Abstract : Malgré son apparence, Mort à crédit n’est certainement pas une œuvre entièrement obnubilée par les seuls discours ostentatoires et violents des personnages qui se présentent comme persécuteurs du jeune Ferdinand. Contrairement à ce que pense la totalité des critiques, c’est un roman où le lecteur peut entendre les multiples cris d’angoisses et de révolte que le protagoniste dissimule sous son mutisme exacerbé à loisir. Se murer dans le silence constitue pour ce dernier moins une soumission qu’une résolution ferme de réagir dans son fort intérieur à toutes les invectives dont il est victime. Ce qui entraine à conclure que le « silence » chez Ferdinand ne signifie en rien absence de discours. Partant, à l’intention de qui s’adresse alors ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « discours muet » de Ferdinand, si par son mutisme il rompt le fil discursif avec les autres personnages? L’approche du langage intérieur, avec la théorie particulière de Gabriel Bergounioux, servira comme base théorique pour démontrer, d’une part, que l’acte de discours du protagoniste, caractérisé par des « phrases sans parole » est la manifestation d’une révolte muette, et d’autre part, qu’à travers cette révolte dans l’esprit du jeune Ferdinand, il s’établit, à un degré supérieur à l’échange entre personnages, un champ interactif parallèle entre le narrateur et le lecteur.

La problématique du silence507 dans Mort à Crédit de L.F. Céline a déjà fait l’objet de nombreuses analyses508. D’ailleurs, compte...

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