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Génocide, enfance et adolescence dans la littérature, le dessin et au cinéma

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Silke Segler-Meßner and Isabella von Treskow

L’objectif de ce recueil est d’étudier la vision formée au cours des génocides et des guerres par les enfants et les adolescents ainsi que la symbolisation de l’enfance et de la jeunesse. Les contributions tentent de comprendre l’expression des expériences sur la base de récits, de poésies, de dessins et de témoignages. Centré sur la Shoah en Europe et le génocide des Tutsi au Rwanda, sans pour autant oublier les persécutions national-socialistes des résistants politiques et des Roms, ce volume interdisciplinaire rassemble des articles de base sur la transmission du vécu et sur la réception de l’expérience, du plus jeune âge jusqu’à l’adolescence, de l’emblématique au référentiel, se vouant ainsi à un champ de recherche dont le potentiel n’est pas encore assez exploité.
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« L’enfant des camps » comme figure paradigmatique radicale de la vulnérabilité

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Isabelle Galichon

« L’enfant des camps » comme figure paradigmatique radicale de la vulnérabilité

Appréhender l’enfance dans le cadre de l’expérience génocidaire et concentrationnaire, induit une assimilation souvent systématique et immédiate de l’enfant à la victime. En recensant rapidement les argumentaires de colloques et les préfaces d’ouvrages dédiés à ce sujet, l’idée de victime apparaît dès les premières lignes1 comme si l’enfant incarnait la victime de façon « absolue ». Il ne s’agit pas ici de déconstruire cette représentation mais de la questionner en évitant la projection du présent sur le passé d’une « société des victimes »2, tendance sociétale que Guillaume Erner a présentée dans son ouvrage éponyme en 2006. En effet, si l’enfant est une victime évidente du nazisme, sa condition de victime ne suffit pas à caractériser son expérience. Poser son regard sur « l’enfant des camps » comme objet d’étude, implique d’être mis « à rude épreuve sur le plan affectif »3 comme le concède George Eisen. Au-delà d’une sensibilité mise à mal que le chercheur se doit de taire, « l’enfant des camps » renvoie à une vulnérabilité constitutive de l’homme, poussée à son paroxysme. Dans un tout autre contexte, Judith Butler rappelle que

[à] l’époque de la guerre du Vietnam, ce sont les photographies d’enfants brûlés et tués par le napalm qui permirent au public américain de retrouver cette capacit...

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