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Formes et réformes de la paternité à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne

Edited By Aude-Marie Certin

Cet ouvrage collectif porte sur l’histoire de la paternité à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne. Partant de l’étude de sources variées (livres de famille, textes doctrinaux, testaments, images, etc.), les contributions étudient la place faite aux pères dans la famille et dans la société au sein du monde occidental. À la croisée de l’histoire de la parenté et de l’histoire du genre, de l’histoire religieuse et de l’histoire sociale, ce livre propose un éclairage inédit sur l’évolution des formes de la paternité dans un contexte marqué par les réformes religieuses et par d’importantes reconfigurations politiques, en particulier dans les sociétés urbaines.
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Le prince comme Landesvater : autorité politique et paternité dans l’Allemagne du XVIe siècle

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Le portrait de couple dans l’Empire apparaît au XVe siècle dans les grandes villes impériales mais aussi dans les cours allemandes1. Commandé à des périodes bien particulières de la vie des protagonistes, lors d’un mariage ou d’un deuil, ces doubles portraits étaient rares, conservés précieusement par les familles et parcimonieusement offerts ou échangés. Le portrait de couple était preuve d’engagement, louait l’alliance de deux lignages et scellait la promesse d’une longue descendance. La Réformation vient bouleverser ces usages bien établis. De manière générale, les zélateurs de Luther font un usage systématique du portrait dans une stratégie confessionnelle précise2, multipliant les effigies de Luther et des princes luthériens. Le portrait de couple, notamment princier, n’échappe pas à cette impérieuse demande de visualisation.

Le portrait de couple princier se systématise ainsi dans les grands territoires, alors que les grandes familles enjoignent précisément à leurs meilleurs historiographes de rédiger des généalogies parfois « fabuleuses » pour reprendre l’heureuse expression de Roberto Bizzochi3. Cette prééminence du couple, voire de la famille entière figurée sur des feuilles volantes et plus rarement dans des tableaux ne doit pas seulement à une mode européenne du portrait de cour. Elle intervient dans un contexte de profonde rupture confessionnelle dont le mariage est un des enjeux. Le couple princier, associé parfois à sa progéniture, renvoie le prince à une de ses fonctions symboliques...

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