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Lieux de vie, lieux de sens

Le couple lieu / identité dans le roman belge contemporain- Rolin-Harpman-Feyder-Lalande-Lamarche-Deltenre

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Judyta Zbierska-Moscicka

Perçue comme un « entre-deux » ou un « carrefour », la Belgique se définit volontiers en termes spatiaux. L’idée d’enracinement lui est chère au même degré que celle d’errance. La littérature thématise cette oscillation entre le dedans et le dehors en recourant à une imagerie complexe, tributaire de la sensibilité de chaque auteur, ainsi que des circonstances historiques et sociales qui le concernent. La période examinée (1960-2012), correspond, dans les représentations romanesques, à un démantèlement progressif de l’objet « maison », processus qui fait écho à des mutations profondes relatives aux phénomènes sociaux liés à l’évolution du sentiment identitaire. L’analyse thématique renouvelée par les apports de la sociologie de l’individu fournit un éclairage nouveau sur les œuvres étudiées.
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Introduction

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L’une des particularités de l’époque postmoderne dont l’œuvre de Chantal Deltenre, comme celle de Caroline Lamarche, illustre les différents aspects, est certainement ce que Michel Maffesoli, dès les premières pages de son étude sur le nomadisme, appelle « l’ensauvagement de l’existence »507. L’ouverture et la sortie des structures organisatrices de l’existence, tant au niveau personnel ou social que professionnel, s’effectuent au nom de la libération de toute forme de circonscription imposée. L’individu, ou comme le veut Maffesoli, la personne façonne sa vie conformément à des règles ou des principes précaires, en référence à des modèles changeants, sur des fondements qu’il a besoin de poser lui-même, sans se réclamer d’aucune antériorité qui lui serait donnée telle quelle. Marc Augé parle de la nécessité de construire un sens pour soi et par soi508, Maffesoli – des bricolages mythologiques qui remplacent l’Histoire par la multitude des histoires humaines509. Chacun y va aujourd’hui de sa propre légende qu’il (re)construit à sa manière. La propension à l’errance, génétiquement inscrite dans la condition humaine, participe de cet ensauvagement en créant une des possibilités de faire varier l’existence, ne serait-ce que par l’expérience de l’autre (pays, culture, milieu, personne, mode de vie). Le contact avec l’autre brise les habitudes, renverse les perspectives jusqu’ici adoptées, éveille des doutes ; il concourt à des refaçonnements identitaires, réoriente des modes de pensée. « Le dynamisme...

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