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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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Dioptrique de l’imaginaire et de l’invisible : L’espace subjectif de la scène

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Une double scène ?

Le théâtre est double. Une scène se déploie à la fois devant nos yeux et dans nos têtes, laquelle est la vraie ? Laquelle est le théâtre proprement dit ? N’y en a-t-il qu’une ? Et saurait-on choisir ? Ou ne s’agit-il pas plutôt de rendre compte du rapport entre les deux ? Le théâtre consistera-t-il justement dans un espace entre-deux ?

Ce sont de telles questions que je voudrais aborder ici pour en esquisser des ébauches de réponses. Questions qui se posent depuis que le théâtre comme représentation fait problème, depuis que la scène devant les yeux ne rejoint plus automatiquement celle qu’elle provoque dans les têtes. C’est le cas avec le nouveau théâtre apparu dans les années soixante-dix, théâtre de performance lié à des noms comme Robert Wilson, Richard Foreman, Luca Ronconi ou Federico Tiezzi entre autres. Mais déjà depuis la fin du XIXe siècle, des utopies théâtrales, élaborées par des écrivains, problématisaient la représentation : elles mettaient en effet en avant à la fois une nouvelle idée du sujet et un fonctionnement de la scène comme écriture dans l’espace. La scène sera Livre chez Mallarmé, Blason chez Jarry, Gloire chez Roussel, espace d’un corps-voix chez Artaud, avant d’être espace d’une écriture qui fait éclater les frontières de la page. Chez ces auteurs, le texte dramatique se fait pour l’oreille...

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