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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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Théâtres des ombres. Notes sur les arts de la scène et la technologie

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Théâtres des ombres

Notes sur les arts de la scène et la technologie

Au début et à la fin de son récit Shadow, « Ombre », Edgar Allen Poe nous propose une réflexion sur l’acte d’écrire et la profération de la voix, qui pourrait être lue à la fois comme métaphore du théâtre et de son double. Le récit commence avec l’adresse au lecteur du narrateur Oinòs, soulignant le décalage entre le temps de l’écriture et le temps de la lecture : « Vous qui me lisez, vous êtes encore parmi les vivants ; mais moi qui écris, je serais depuis longtemps parti pour la région des ombres1 ».

Le huis-clos où Oinòs se trouve enfermé, face au cadavre d’un ami mort, avec sept compagnons, comme lui survivants d’une catastrophe qui tient à la fois du fléau et de l’accident cosmique, est d’abord la scène d’une fête copieusement arrosée, au cours de laquelle les amis essayent de conjurer, avec des récitations de poèmes et de chants, la mort restée hors de leur refuge. Quand soudain une ombre surgit, le rapport au temps va de nouveau se poser, mais de façon sensiblement différente. L’assistance est en effet terrorisée par la réponse de la forme immatérielle à l’appel des convives. Elle impressionne moins par ce qu’elle dit que par la matérialité de sa voix, surhumaine...

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