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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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Philippe Lacoue-Labarthe et le théâtre : l’écho de la scène

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Les notes écrites de 1975–1983 que Philippe Lacoue-Labarthe dédia « à tous ceux du TNS » sous le titre Bye bye Farewell1, ouvrent sur cette déclaration : « Il n’aimait pas le théâtre. » Cette phrase est inattendue, car comme Roland Barthes, qui avait par contre « beaucoup aimé le théâtre2 », il aurait pu aussi écrire : « Au carrefour de toute l’œuvre peut-être le Théâtre3 ». Or, contrairement à celui qui avoua ne presque plus y aller déjà depuis le milieu des années soixante, Philippe Lacoue-Labarthe continua jusqu’à la fin de sa vie à le fréquenter assidûment, à se confronter lui-même à sa pratique pour interroger une scène vivante qui questionnait la représentation sans se perdre dans ce qu’il appelait une « gesticulation anti-théâtrale ».

Pour cerner ce rapport critique au théâtre, j’évoquerai d’abord trois moments, qui témoignent de son intérêt pour un certain théâtre contemporain aussi bien qu’ils renseignent sur ce qui lui importait dans le théâtre.

Le premier est un voyage à Francfort en septembre 1994 avec Claire Nancy, Alain Louy et moi-même, pour écouter et voir, à l’Opéra de cette ville, la mise en scène de Christoph Marthaler du Pelléas et Mélisande de Debussy. Cette excursion, entreprise à la demande de Philippe, était bien significative de son vif intérêt pour les recherches sur la scène contemporaine et pour un théâtre autre. Son enchantement, que nous partagions, était...

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