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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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L’enfant et la traversée du langage : Œdipus Rex

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Le prologue silencieux, précédant l’Œdipus Rex d’Igor Stravinsky dans la mise en scène de Robert Wilson1, est révélateur de la solution potentielle d’une énigme qui partage depuis un moment les critiques du metteur en scène américain. Les plus fervents admirateurs d’un théâtre d’images ou même de visions, selon Stefan Brecht2, sont en effet moins partisans de son théâtre depuis qu’il avait, déjà avec The Letter for Queen Victoria (1974), de plus en plus donné espace au langage parlé en s’approchant même, dès la collaboration avec Heiner Müller en 1984, du texte dramatique, pour nous montrer finalement, en 1993, sa version du Hamlet de Shakespeare. Trahison de révolutionnaire théâtral ? Épuisement créatif ou résignation aux lois du marché du spectacle ? Contraintes d’une productivité qui semble de plus en plus insensée ? Ou alors conséquence d’une évolution artistique rigoureuse ?

Le Silent Prologue à Œdipus Rex semble donner à ces questions une réponse à la fois claire et pertinente. Ses images nous montrent en trois moments un Œdipe face à sa mère Jocaste, jouée par Dominique Sanda, étendue sur une planche inclinée de verre transparent et placée sur un rocher à gauche de la scène. Or, les actions muettes confrontent Œdipe à la fois aux exigences de l’imaginaire et du symbolique. D’abord enfant, puis adolescent, puis adulte, sortant chaque fois d’un cube central noir qui s’ouvre, le jette sur sc...

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