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Le corps de l’audible

Écrits français sur la voix 1979–2012

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Helga Finter

La voix n’est-elle qu’un instrument pour la langue ou a-t-elle une signifiance propre? Quel rôle joue sa théâtralisation pour les conceptions du sujet, du corps, du langage? Comment la voix crée-t-elle une présence ou une signature? Comment dramatise-t-elle son origine et l’audio-vision? Quels sont les effets et les fonctions des technologies sonores? À quoi servent les voix acousmatiques? Comment se manifestent une éthique et/ou une politique de la voix? Quel est le rapport entre voix d’auteur et voix poétique? C’est à de telles questions que répondent les écrits de ce livre en analysant des œuvres de la scène expérimentale – théâtre, opéra, danse, médias – et de l’écriture qui proposent par leur pratique une esthétique de la voix.
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Un espace pour la scène mentale : Le théâtre de Robert Wilson

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Réfléchir sur l’art de Robert Wilson à l’occasion de ses quarante ans de création1, me rappelle une dette toute personnelle : c’est en effet grâce à la rencontre avec son art que je me suis orientée vers l’étude des phénomènes théâtraux. Qu’est-ce que pouvait susciter l’intérêt d’une littéraire, jusqu’alors vouée exclusivement aux textes d’avant-garde ? Le théâtre de Wilson mettait en effet en question tout ce que j’avais connu jusqu’alors comme théâtre : il proposait une écriture dans l’espace par laquelle le processus scénique lui-même devenait sujet du théâtre dont il désarticulait les conditions de la représentation. D’une façon analogue à celle du texte moderne, la lecture de cette écriture scénique permettait de mettre en question la propre perception du spectateur-lecteur. Sa visée n’était plus une simple destruction de l’illusion théâtrale, mais la déconstruction de ce qui, pour un spectateur, fait représentation et le fonde alors comme sujet. Cette critique in actu m’enchanta et m’enchante encore souvent. Par ce texte je voudrai contribuer à en esquisser quelques aspects.

Longtemps le théâtre de Robert Wilson fut simplement perçu comme un théâtre d’images, surtout dans les pays anglo-saxons et germaniques. Or, dès ses débuts, il exigeait aussi du spectateur une écoute, même si ses premiers spectacles semblaient conférer un moindre intérêt à la parole ou à la musique. D’où venait cette...

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