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Morales et politiques postmodernes

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Edited By Malgorzata Kowalska

Les auteurs contribuant à ce recueil ont été invités à réfléchir sur notre condition postmoderne, non pas tant sur les sens différents qu’a pris le terme du postmoderne que sur l’heure qu’il est. La réflexion se déroule dans l’horizon de la pensée des classiques du postmodernisme, Jean-François Lyotard en tête, et dans l’horizon des questions qui y sont, explicitement ou implicitement, posées : Qu’en est-il de la possibilité même de l’action politique et du jugement moral dans un monde qui apparaît, à la fois, sans alternative et déboussolé ? Qu’en est-il désormais du sujet de l’action et du jugement ? Ou, plus simplement mais plus pathétiquement aussi, qu’en est-il de l’humain ? Qu’est-ce qu’il devient ou est déjà devenu et comment peut-on encore le penser ?
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L’inhumaine condition. Sur l’idée d’humanité dans la pensée deLyotard

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L’inhumaine condition. Sur l’idée d’humanité dans la pensée de Lyotard

Gaëlle Bernard

Il est assez courant de présenter la pensée de Lyotard comme participant d’un certain antihumanisme partagé par la « postmodernité ». Et de fait, sa philosophie semble aller dans ce sens : qu’on songe simplement, parmi tant d’autres raisons, à l’intention avouée de « réfuter le préjugé ancré par des siècles d’humanisme et de “sciences humaines” qu’il y a l’“homme” »1. Néanmoins, outre que les deux termes en présence (postmodernité et antihumanisme) ne sont pas sans faire problème, il serait hâtif de conclure de là à l’ineptie de l’idée d’humanité dans la pensée de Lyotard, dont on peut bien dire qu’elle y joue encore, malgré les actives résistances à l’endroit de l’humanisme sous toutes ses formes, un rôle évident, voire même se trouve paradoxalement défendue par lui. L’indice le plus évident en est donné par sa réflexion sur le double sens de l’inhumain et par sa dénonciation du « développement » comme exerçant une mainmise sur ce qui fait l’homme, le rendant triplement superflu (comme personne singulière, morale et juridique2). De par cette ambiguïté, on pourrait alors se demander si l’antihumanisme, ou plutôt la désanthropologisation chère à Lyotard, ne recèle pas ce qui se voudrait une tout autre pensée de l’humain, dont la formule paradoxale serait peut-être qu’un homme...

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