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Morales et politiques postmodernes

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Edited By Malgorzata Kowalska

Les auteurs contribuant à ce recueil ont été invités à réfléchir sur notre condition postmoderne, non pas tant sur les sens différents qu’a pris le terme du postmoderne que sur l’heure qu’il est. La réflexion se déroule dans l’horizon de la pensée des classiques du postmodernisme, Jean-François Lyotard en tête, et dans l’horizon des questions qui y sont, explicitement ou implicitement, posées : Qu’en est-il de la possibilité même de l’action politique et du jugement moral dans un monde qui apparaît, à la fois, sans alternative et déboussolé ? Qu’en est-il désormais du sujet de l’action et du jugement ? Ou, plus simplement mais plus pathétiquement aussi, qu’en est-il de l’humain ? Qu’est-ce qu’il devient ou est déjà devenu et comment peut-on encore le penser ?
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Le sujet postmoderne: philosophie et psychanalyse

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Corinne Enaudeau

Tenir « pour “postmoderne” l’incrédulité à l’égard des méta-récits »1, c’est détrôner le sujet auquel ces récits promettent l’émancipation. La « condition postmoderne » selon le titre du livre de Lyotard, serait un état du monde dont le sujet n’est plus le foyer. Neutre et impersonnelle, elle baignerait des hommes à l’identité indécise dans un processus sans auteur, ni acteur ni agent. Comme on a pourtant de bonnes raisons – psychomorales et juridico-politiques – de croire que les actes humains sont portés par un sujet pouvant intervenir dans le cours des choses, le postmodernisme passe pour nihiliste voire lâche : il dirait le défaitisme d’une génération fatiguée par les épreuves du XXe siècle, un conservatisme de « vieux2 » préférant spéculer sur une « différence » qui prive le sujet d’identité et l’histoire de fil intelligible plutôt que de jouer « l’aventure de l’historicité ». On en conclut que, malgré le bouleversement de notre monde, inauguré par la Grande Guerre, renouvelé dans l’Extermination et la chute du communisme, accru enfin par l’économie mondialisée et l’échange numérique, malgré ce bouleversement on peut et doit pourtant ranimer l’espoir émancipateur, quitte à réviser le sujet qui en porte la charge et minorer les objectifs à atteindre. Un néo-postmodernisme tenterait ainsi de se faufiler entre une modernité défunte et une postmodernité nihiliste, au risque pourtant d’être incohérent. S’il déclare prendre acte de la...

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