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Morales et politiques postmodernes

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Malgorzata Kowalska

Les auteurs contribuant à ce recueil ont été invités à réfléchir sur notre condition postmoderne, non pas tant sur les sens différents qu’a pris le terme du postmoderne que sur l’heure qu’il est. La réflexion se déroule dans l’horizon de la pensée des classiques du postmodernisme, Jean-François Lyotard en tête, et dans l’horizon des questions qui y sont, explicitement ou implicitement, posées : Qu’en est-il de la possibilité même de l’action politique et du jugement moral dans un monde qui apparaît, à la fois, sans alternative et déboussolé ? Qu’en est-il désormais du sujet de l’action et du jugement ? Ou, plus simplement mais plus pathétiquement aussi, qu’en est-il de l’humain ? Qu’est-ce qu’il devient ou est déjà devenu et comment peut-on encore le penser ?
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Politique et postmodernité : entre micrologies et logiques hégémoniques. Lyotard&Laclau

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Politique et postmodernité : entre micrologies et logiques hégémoniques. Lyotard & Laclau

Claire Pagès

Nous proposons de confronter ici deux pensées du politique qui, toutes deux, impliquent l’existence d’un au-delà de la modernité, celle de J.-F. Lyotard et celle d’E. Laclau1. L’ouvrage de Lyotard de 1979, La Condition postmoderne, est pour beaucoup dans la diffusion de la notion de postmodernité et de son application au champ politique. De son côté, la pensée politique de Laclau repose également sur la théorisation d’une rupture avec la modernité, en particulier à travers l’idée de postmarxisme. Ces deux œuvres politiques développent des analyses assez proches qu’il est intéressant de mettre en regard2. Cette confrontation, qui nous conduira à dégager quelques thèses communes qui servent aux deux auteurs à parler du politique dans l’au-delà de la modernité, permet de livrer un autre regard sur la notion lyotardienne de postmodernité. Celle-ci est en effet trop souvent restreinte au phénomène du déclin des grands récits d’émancipation. Ce qui en donne une image relativement pauvre et prête le flanc facilement à la critique. Lyotard lui-même a souligné l’insuffisance de la définition du postmoderne par le seul effondrement des métarécits légitimants : « En la [la discussion] focalisant en 1979 sur la question des “grands récits”, je manifestais l’intention de la simplifier, mais plus qu’il n’était nécessaire »3. La comparaison avec Laclau nous...

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