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« Du divin et des dieux »

Recherches sur le « Peri tôn tou theou » de Paul Valéry

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Edited By Franz Johansson, Fabienne Mérel and Benedetta Zaccarello

Par sa richesse, sa profondeur, sa singularité, le Peri tôn tou theou ou Dialogue des choses divines revêt, en dépit de son caractère inachevé, une importance considérable et un statut unique à l’intérieur de l’œuvre de Paul Valéry. Les contours et les ambitions de ce travail protéiforme, les circonstances de sa genèse et les raisons de son inachèvement donnent lieu ici à de minutieuses analyses. Faisant émerger une intertextualité souvent inattendue et des résonances autobiographiques, les recherches mettent également en lumière la complexité du réseau conceptuel développé par Valéry autour du divin, et l’originalité de son attitude vis-à-vis de sujets – la religion, la mystique, l’Eros – qui ont hanté l’écrivain bien au-delà de ce que l’œuvre publiée de son vivant n’aurait laissé deviner.
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Préface

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Plus d’un lecteur sera étonné de découvrir un volume consacré à la réflexion de Paul Valéry sur Dieu et sur ce que l’écrivain aimait appeler, selon une expression plus nuancée, les « choses divines ». C’est assurément un pan peu connu de la pensée valéryenne que nous abordons ici, une source d’inspiration de sa création qui se présente, à première vue, comme marginale. Il est vrai aussi que le territoire de ces « choses divines » finit par prendre, sous la plume de Valéry, une signification si vaste et aux contours tellement indécis qu’on en vient à se demander si ce thème n’est pas l’une des innombrables facettes qui segmentent la réflexion qu’il consacra pendant toute sa vie à une anthropologie critique, si ce n’est sceptique.

Pourtant, la richesse et l’originalité des idées de Valéry en la matière, ainsi que l’importance, quantitative aussi bien que qualitative, des matériaux qui se rattachent d’une manière ou d’une autre à cette méditation, nous font voir à quel point notre idée d’un Valéry sans idoles – et donc, sans Dieu(x) – est due, en bonne partie, à une perspective faussée, occultant une partie essentielle de la figure de l’écrivain. Cette image courante est sans doute, en partie, le résultat du choix fait par Valéry lui-même de ne pas publier l’essentiel de cette abondante réflexion gravitant autour du sacré, de sa volonté de dissiper l’image qui...

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