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« Du divin et des dieux »

Recherches sur le « Peri tôn tou theou » de Paul Valéry

Series:

Franz Johansson, Fabienne Mérel and Benedetta Zaccarello

Par sa richesse, sa profondeur, sa singularité, le Peri tôn tou theou ou Dialogue des choses divines revêt, en dépit de son caractère inachevé, une importance considérable et un statut unique à l’intérieur de l’œuvre de Paul Valéry. Les contours et les ambitions de ce travail protéiforme, les circonstances de sa genèse et les raisons de son inachèvement donnent lieu ici à de minutieuses analyses. Faisant émerger une intertextualité souvent inattendue et des résonances autobiographiques, les recherches mettent également en lumière la complexité du réseau conceptuel développé par Valéry autour du divin, et l’originalité de son attitude vis-à-vis de sujets – la religion, la mystique, l’Eros – qui ont hanté l’écrivain bien au-delà de ce que l’œuvre publiée de son vivant n’aurait laissé deviner.
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Divergence de Paul Valéry et Catherine Pozzi

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« Nos êtres ont été le même être1 » : l’extraordinaire histoire amoureuse et spirituelle que vécurent ensemble Catherine Pozzi et Paul Valéry semble par moments tellement proche de la fusion qu’elle obligerait à lire leurs œuvres respectives comme intimement liées à l’Autre du couple, ou du moins à voir (seulement) Catherine en l’Athikté de Valéry, et (seulement) Paul dans le mystérieux interlocuteur absent de la nouvelle de Pozzi Agnès. De même, leurs impressionnants « Cahiers » respectifs se ressemblent sur bien des points, et l’on pourrait certainement y déceler de nombreuses phrases identiques, ou presque : Paul Valéry ne disait-il pas : « Je pense en rationaliste archi-pur. Je sens en mystique2 » ; et Catherine Pozzi : « Je “me conduis” en positiviste, mais je sens en mystique3 » ? Ces deux affirmations disent le contraire de ce que leur balancement oppositionnel tend à faire entendre : il y a bien ici comme là un même effort, un même besoin de rapprocher, de confronter, sinon de concilier, objectivité scientifique et subjectivité métaphysique ; mais le contexte est tellement différent que, fondamentalement, elles n’ont pas le même sens du tout. C’est du moins ce qu’invite à penser le cas du Peri tôn tou theou : projet né et développé immédiatement après la rencontre avec Catherine Pozzi, au cœur des moments les plus intenses de leur passion intellectuelle et intime, cette œuvre inachevée montre aussi – surtout ? – en quoi s’opposaient les deux amants. Comme dans tout dialogue véritable, il n’y eut...

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