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De la dictature à la démocratie: voies ibériques

Voies ibériques

Anne Dulphy and Yves Léonard

L’objet du colloque organisé début 2002 par le Groupe de recherche sur la péninsule ibérique du Centre d’histoire de l’Europe du XXe siècle (Fondation nationale des sciences politiques) – la révolution des œillets portugaise et la transition espagnole – a certes déjà donné matière à nombre de travaux. Mais il s’agit soit de réflexions globales sur le passage à la démocratie, historiques ou politologiques, soit de recherches spécifiques sur chacun de ces processus de démocratisation. C’est donc son caractère comparatiste qui fait l’originalité de cette approche, qui se veut résolument historique mais revendique l’enrichissement d’échanges pluridisciplinaires.
Phénomènes de démocratisations tardives après que les systèmes parlementaires institutionnalisés au XIXe siècle eurent débouché sur la même caricature de parlementarisme, après que des coups de force eurent balayé les régimes républicains, ouvrant la voie à une longue dictature, ces deux évolutions ont en fait différé profondément. Au Portugal, l’Etat nouveau a cédé d’un coup à la rébellion d’officiers progressistes las d’une guerre coloniale sans issue, et la révolution pacifique a permis de bâtir la démocratie sur des fondations nouvelles. En Espagne, le glissement du pouvoir autoritaire à l’Etat de droit a été conduit par des hommes issus de l’ancien appareil dirigeant et, même si en 1977 le changement a donné lieu à une concertation avec l’opposition, le mécanisme de démocratisation a bien pris la forme pendant deux ans d’une transition octroyée.
La comparaison porte d’abord sur l’exercice politique même de passage à la démocratie, posant la problématique de la légitimation de ce nouveau régime, avant de déboucher sur la confrontation des deux modèles de transition péninsulaires et sur leur écho extérieur.
Contenu: António Costa Pinto: Règlement de comptes avec l’héritage de l’État nouveau pendant la transition portugaise – Sylvia Desazars de Montgailhard: Les élites espagnoles et la transition démocratique – Jean-François Daguzan: La révolution incroyable? L’armée et la transition démocratique en Espagne – José María Marín Arce: La mobilisation politique et sociale pendant le post-franquisme et la transition démocratique – Sophie Baby: Violence et transition en Espagne: la Semaine noire de Madrid (janvier 1977) – Angel Duarte/Phryné Pigenet: Le président Tarradellas, un rétablissement de la Généralité en trompe-l’œil? – Marie-Christine Volovitch-Tavares: Le 25 avril et les émigrés portugais en France, ruptures et continuités – Florence Guilhem: L’Espagne de la transition face au retour des exilés, de la crainte à l’indifférence – Yves Léonard: Le 25 avril, entre mémoire et histoire – Danielle Rozenberg: Mémoire et oubli dans la construction démocratique espagnole – Josep Sánchez Cervelló: Les modèles comparés des transitions péninsulaires – Marie-Claude Chaput: La révolution des œillets, espoirs et inquiétudes dans la presse espagnole: Triunfo et ABC (avril 1974-décembre 1978) – Nathalie Marquès Leal: Le parti socialiste portugais, la transition démocratique ou la frontière vers la liberté – Victor Pereira: Pèlerinage au Portugal révolutionnaire: les intellectuels français et la révolution des œillets – Anne Dulphy: Le regard français sur la transition espagnole (presse nationale, périodiques, ouvrages publiés) – Aline Angoustures: La transition espagnole dans l’opinion française.