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Raison et déraison chez Stendhal

De l'Idéologie à l'esthétique

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Michel Crouzet

C'est une idée reçue que Stendhal est un disciple des Idéologues, et que son romantisme s'oppose à cette première formation. Se plaçant aux origines de la démarche stendhalienne et romantique, M. Crouzet revient sur cette idée pour lui apporter de très importants correctifs. Son but est de montrer comment le jeune homme du siècle adopte avec confiance et presque fanatisme cette philosophie, et comment il en sort par le cynisme, conversion de l'analyse et de sa valeur réductrice, et par le subjectivisme qui est une conséquence logique de l'Idéologie. Avant d'en arriver là, l'auteur s'attache à montrer comment le jeune Henri Beyle utilise la méthode de Tracy comme une pensée infaillible se développant d'elle-même et se contrôlant elle même et abouti à la conviction qu'une science du singulier, idéal proprement romantique, est possible. Mais l'Idéologie c'est aussi en grande partie Maine de Biran et Cabanis: le premier conduit Stendhal à l'analyse du Sujet et au rôle de l'imagination; le second lui lègue l'image du corps romantique. L'Idéologie enfin contient une esthétique du pathos, une méthode d'écriture aussi certaine que paralysante, et une sorte de rhétorique aboutissant à des règles et une définition de l'Idéal. Sortant de l'Idéologie, Stendhal est entré dans l'attitude romantique. L'Idéologie aura été tout à la fois un moment de la Révolte stendhalienne et un moyen de son apaisement.