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Présence de Job

Dans le théâtre d'après-guerre II en France

Marc Bochet

Au lendemain des traumatismes de la guerre et des camps de concentration, au théâtre d'idées d'un Sartre ou d'un Camus succède un théâtre du cri, déjà annoncé par Artaud; le langage didactique précédent laisse la place à un langage éclaté et à un théâtre de la cruauté qui est aussi un théâtre de la déréliction. En 1947, la représentation du Procès de Kafka, et celle de Hop Signor de Ghelderode ouvrent une nouvelle ère théâtrale que nous avons appelée «jobienne», en souvenir du Pauvre Job dont le visage douloureux et la silhouette tourmentée sur son fumier sont bien propres à l'angoisse démunie de notre temps -, laquelle s'exprime plus particulièrement à travers la «purgation» théâtrale qui nous conduit, au-delà de la parole revendicatrice, au silence d'une certaine espérance bien proche du dénuement du désespoir.
Contenu: Avant-propos - Le Livre de Job et la guerre de 4O-45 - Introduction aux invariants jobiens - Le théâtralité du Livre de Job - Une littérature jobienne: L'Escarmentado - Les maîtres: Kafka et Job, Arthaud et Job, Ghelderode et Job - Le fumier de Job: L'exclusion dans le théâtre d'après-guerre II en France - Le passage du Satan: de la parole au silence - La restauration de Job: conte de fées, ou l'au de-delà des faits? - Conclusion-Bibliographie.