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Chanter et lire dans le récit médiéval

La fonction des insertions lyriques dans les œuvres narratives et didactiques d’oïl aux XIII e et XIV e siècles

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Anne Ibos-Auge

Le phénomène consistant à insérer des éléments lyriques dans des textes narratifs et didactiques prend son origine en France du Sud mais connaît véritablement son apogée dans les œuvres de langue d’oïl. Il est réparti sur une période assez courte, soit entre la fin du XIIe siècle et le début du XIVe, avant de subir de profondes modifications au cours du XIVe, particulièrement avec les dits de Guillaume de Machaut. Jusqu’alors, outre une évolution stylistique du procédé chez les écrivains, de Gautier de Coinci à l’auteur du Rosarius, on dénote surtout une différenciation de la fonction dans les citations à l’intérieur de leurs œuvres-hôtes. Dans les œuvres narratives, les insertions peuvent être divertissantes ou prendre une dimension discursive.
Dans les œuvres didactiques, elles agissent plus souvent à la manière d’exemples, véritables « autorités » sur lesquelles se basent les auteurs. Plus rarement enfin, les citations jouent un rôle formel dans leurs œuvres-hôtes. Cette étude se propose d’examiner, parallèlement aux fonctions littéraires des citations, leur rôle proprement musical, à travers l’analyse des citations, livrées par les manuscrits, ou restituées par les soins de l’auteur d’après les sources musicales parallèles que constituent les chansonniers médiévaux.