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Dictionnaire de l'opéra-comique français

Francis Claudon

On trouvera ici un choix assez vaste d'opéras-comiques français.
L'opéra-comique français n'est ni l'opera buffa italienne, ni le singspiel allemand, ni l'opérette viennoise. Il se caractérise, par exemple, par l'existence de dialogues et parties parlées, ainsi, naturellement, que par sa destination: le public parisien (ou français). De comique, il n'est guère, voire pas du tout question; car l'opéra-comique est beaucoup plus souvent sentimental (Grétry, Cherubini, Boieldieu), toujours dramatique (Les Contes d'Hoffmann), si ce n'est même tragique (chez Bizet). Avec le recul du temps et comparé aux autres genres du théâtre en musique (tragédie ou drame lyriques, grand opéra, etc.), l'opéra-comique paraît surtout un spectacle plus libre, plus moderne que ce que l'on donnait sur les premières scènes officielles, qu'il a volontiers parodiées; d'où l'autre critère distinctif tout à fait essentiel: l'origine, située dans le Théâtre de la Foire, au XVIIe siècle, au moment même, pratiquement, où Louis XIV autorise la naissance de l'Académie de Musique. En tenant compte de ce côté un peu parodique, ou anti-officiel, on admettra sans doute que l'on range dans la catégorie de l'opéra-comique des ouvrages comme ceux de Berlioz, de Gounod, de Debussy, de Ravel destinés à des établissements d'art et d'essai comme le Théâtre Lyrique de Carvalho ou la salle Favart sous la direction de A. Carré.
On ne trouvera évidemment pas, dans ce dictionnaire, l'ensemble de la production des opéras-comiques français, ne serait-ce que pour une raison simple: souvent manque la partition ou l'intégralité du livret ou même une édition de l'ouvrage. En revanche, le lecteur peut être sûr de découvrir tous les plus grands succès de ce genre. Il les découvrira en fonction d'une présentation standardisée (situation historique, synopsis, description de l'orchestre et des rôles, analyse dramaturgique et musicale proportionnée au caractère de l'ouvrage, éditions, indications de la fortune, enregistrements éventuels).
Il reste à dire que ce dictionnaire est surtout une entreprise collective placée sous les auspices conjoints du Centre de Recherche en Littérature Comparée de l'Université Paris IV (équipe «musique et littérature») et de l'Université de Dijon (équipe de recherche «littérature et arts du spectacle») qui a aidé à sa publication.