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Icare

Une dialectique de situation

Albert Vanriet

Pourquoi faut-il sauver Icare? Comme l’ont pensé Schleiermacher et Adorno, l’idéalité et le réel concret (selon la philosophie ou selon les sciences) ne peuvent être valablement confondus ni disjoints. Cela paraît dans leur histoire comme dans notre situation présente. Il faudrait donc inverser le sens des mythes qui les ont séparés.
Mais s’il est juste d’affirmer l’autonomie de la réflexion sans pour autant méconnaître l’extériorité du monde par rapport à elle, ne retrouve-t-on pas dans cette voie la dialectique pascalienne de la double inclusion inverse, celle du monde dans la pensée et sa réciproque, celle d’une pensée située?
Dans ce cas l’immortalité husserlienne de l’esprit dont le concept est poussé jusqu’au paradoxe et, à l’inverse, la réduction de la pensée à des superstructures sans autonomie ne relèvent-elles pas chacune d'une «tradition durcie», selon le mot transposable de Heidegger? Un cogito actif, pratique ne peut-il au contraire tendre à exprimer la réciprocité indissociable (mais inachevée) des idéaux justificatifs, des catégories philosophiques en mouvement et de l’intérêt vital dont tant d’êtres sont privés?
Contenu: Echecs d’une idéalité et d’un réel disjoints – Identité, essence, absolu, transcendental, matérialité sont en mouvement – «Spectres» des philosophies anciennes, faut-il les déconstruire? – Une ontologie nouvelle apparaît, mais la dialectique comme le temps peuvent-ils conclure?